‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 54 sur 444 · CONDITIONS PROPOSÉES PAU ROLDÀN · texte numérisé non relu

CONDITIONS PROPOSÉES PAU ROLDÀN

comme interprète, l’auxiliaire zélé des religieux Francis-

cains.

Peu après, Christophe Colomb, suivant l’exemple du Bon Pasteur qui cherche la brebis égarée, vint lui-même au-devant de Iloldan, avec deux caravelles, dans le port d’Azua. Loin d’être touché d’une bonté à laquelle il avait perdu tous droits, Roldan monta sur la caravelle de l’Amiral, et fit hautainement ses conditions, comme s’il traitait en vainqueur. R s’engageait à déposer les armes moyennant : 1° son rétablissement dans sa charge de Grand Juge, qui deviendrait inamovible; 2° une proclamation déclarant que les différends survenus étaient le fruit de la malveillance et de faux rapports; 3° l’expulsion de l’ile et le renvoi immédiat en Espagne de quinze individus qu’il se réservait de désigner; 4° le droit de résidence avec les avantages qui sy attachaient, accordé à chacun des hommes de sa troupe.

Malgré l’énormité de ces prétentions, l’Amiral y souscrivit par amour de la paix. Aussitôt Roldan fut à terre pour soumettre à ses compagnons ces hases du traité. Pendant deux jours, ces esprits turbulents s’agitèrent et s’aigrirent en débattant les articles. Enfin ils les aggravèrent de conditions excessives, dont la dernière portait que si le gouverneur contrevenait à un seul de ces articles, ils auraient le droit de se rassembler et d’en obtenir l’exécution par tels moyens qu’ils jugeraient convenables. C’était le comble de l’insolence et de l’insulte. Cependant, cedant à 1 inexorable nécessité, l’Amiral dut sanctionner, par sa signature, cette stipulation outrageante. Seulement il la modifiaun peu, en ajoutant qu’il y consentait tout autant qu’eux-mêmes obéiraient aux ordres des Rois, aux siens et à ceux des fonctionnaires par lui nommés. Cette condition expresse, qui lui semblait sa dernière ressource.

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