‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 55 sur 444 · CONDUITE ARROGANTE DE ROLDAN · texte numérisé non relu

CONDUITE ARROGANTE DE ROLDAN

i ancre de miséricorde de son autorité, il la fit poser sur

le brevet de Grand Juge, délivré à Roldan. Mais à sa vue, celui-ci se leva plein d’insolence, commanda qu’on effaçat ces mots-, et en appelant à la brutalité de ses complices, menaça de faire pendre sur l’heure quiconque l’oserait contredire. L’Amiral dut encore ici subir la volonté de son serviteur, ingrat et rebelle.

Cette modération calmait à peine l’arrogance de la trahison triomphante. Partout, Roldan se présentait comme la seule autorité réelle, môme sous les yeux de l’Amiral. A Saint-Domingue, toujours entouré de mécontents et des ennemis déclarés des Colombs, il offensait, molestait et menaçait ouvertement quiconque avait refusé d’entrer dans son parti. R contraignit un honnête homme, Rodrigo Perez, à quitter ses fonctions de Lieutenant de Juge, parce qu’il trouvait bon d’en investir son plus intime complice, Pedro Riquelme, établi à Ronao, avec l’arrière-pensée de s’y fortifier.

Le cœur se soulève au récit de ces outrages. La tristesse égale l’indignation quand on voit le Révélateur du Nouveau Monde, ce héros chrétien, obligé de contester et de débattre avec de pareils misérables-, réduit à accepter les conditions d’un serviteur atrocement ingrat; et menacé dans son pouvoir et son existence par des hidalgos dévergondés, des soldats ennemis de la discipline, des ouvriers fainéants, des réclusionnaires auxquels il avait procuré le facile moyen de devoir à eux-mêmes leur réhabilitation!

Par surcroît à ces obstacles, au lieu de l’efficace appui qu’il attendait des Rois, il reçut une réponse écrite sous l’inspiration de don Juan de Fonseca, et dont les termes ambigus indiquaient des dispositions fort équivoques. On lui disait que les souverains avaient reçu ses lettres. Quant

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