RÉPONSE 1IES ROIS A L’AMIRAL
à la rébellion de Roldan, cette affaire étant de grande
conséquence, Leurs Altesses l’examineraient attentive-
ment, et sans tarder y porteraient remède. Evidemment, son rapport si précis, si complet, n’avait point convaincu les Rois. Les dénonciations calomnieuses avaient prévalu dans leur esprit. Ainsi, la supériorité de ses vues, tant de prodiges accomplis, ses dangers, ses fatigues, tous scs efforts pour la grandeur et la gloire de l’Espagne, ne pouvaient contre-balancer les dires d’hommes vils et pervers. R suffisait de 1’ accuser pour être accueilli. L’injustice de la cour ne surpassait-elle pas l’aveugle animosité des rebelles, esprits vulgaires ou grossiers? Il sacrifiait en vain ses jours et ceux de ses frères aux intérêts de la couronne de Castille, sans parvenir à inspirer aux Rois cette noble confiance dont il était si digne et qui eût été la première récompense pour un tel cœur.
Cette conviction désolante, qui eût paralysé toute autre volonté que la sienne, ne l’empêcha point de poursuivre son plan de réorganisation de la colonie. Il chercha d’abord à gagner, par la douceur et les intérêts matériels, les anciens compagnons de Roldan, en leur donnant des terrains à mettre en culture; seulement, les concessions furent réparties de telle manière que les rebelles se trouvèrent disséminés sur une grande surface, fort séparés les uns des autres et à une assez grande distance des habitations déjà créées. R forma une compagnie, composée d’hommes choisis, dont le dévouement n’était pas moins éprouvé que la modération et la bravoure, afin qu'elle pût à la fois opérer la perception des tributs chez les indigènes, maintenir la paix entre eux et les Espagnols, et réprimer dès l’origine les écarts de ceux-ci. R se disposait à débarrasser la colonie des mécontents incorrigibles, qui, à aucun prix, ne voulaient travailler, et entre autres des quinze
Wr? i ■ 9 '