SOULÈVEMENT DES INSULAIRES
individus dont l’intraitable turbulence avait été dénoncée par Roldan lui-même.
Il chargea les deux honorables alcades Garcia de Barrantes et Miguel Ballester d’aller en Castille, appuyer à la | cour ses demandes pour le régime intérieur de la colonie.
Afin qu’ils pussent éclairer les Rois sur la révolte de Roldan, et l’urgence des mesures qu’il avait dû prendre, il leur remit les pièces des informations et procédures commencées contre les rebelles dès son retour. De nouveau, l’Amiral insistait sur l’envoi d’un Juge intègre et docte, qui mit lin aux accusations contre sa rigueur et sa dureté.
Profitant de ce départ, bon nombre de mécontents s’embarquèrent, emmenant avec eux des femmes indiennes, dont plusieurs étaient mères, ou sur le point de le devenir. Ils introduisirent clandestinement dans les caravelles chacun plusieurs esclaves, qu’ils emmenaient de force contre la défense expresse de l’Amiral.
§ IL
Mais avant le départ des caravelles des bruits inquiétants arrivèrent de l’extrémité nord-ouest d’Hispaniola; une révolte générale se préparait. Les Ciguayens, plus belliqueux et plus impatients du joug étranger que le reste des insulaires, s’étaient levés en armes. L’Amiral dépêcha contre eux, en grande hâte, l’Adelantado, avec toutes les forces
disponibles.
Pendant que son frère était séparé de lui par des peuplades révoltées, et Saint-Domingue presque sans moyen de défense, une nouvelle plus grave encore que cette insurrection lui parvint du côté opposé de 1 île : quatre caravelles avaient paru dans le port de Yaquimo. Alonzo de Ojeda, autrefois l’obligé de l’Amiral, et maintenant