NOUVELLE RÉBELLION
Créature de Juan de Fonseca, les commandait. En violation des privilèges accordés par les Rois à l’Amiral, il était allé à la côte de Paria, au golfe des Perles; il en rapportait de l’or et des esclaves. Sa témérité, enhardie par la protection de Fonseca, lui inspira l’idée de précipiter la chute de Colomb, en s’emparant du pouvoir et de sa personne. Il offrit aux Espagnols, habitant les environs du port Yaquimo, de les débarrasser de la tyrannie des Colombs. Il prétendit que ces étrangers, tombés dans la disgrâce du Roi, n’étaient plus soutenus à la cour que par la Reine, dont la santé dépérissant depuis la perte de son fils, ne laissait plus espoir de guérison; que désormais don Juan de F onseca, son patron , était la seule autorité véritable des Indes. Il se disait autorisé à prendre le gouvernement provisoire de l’île, de concert avec Carvajal1; et proposa de faire compter immédiatement leur solde arriérée à ceux qui voudraient marcher avec lui sur Saint-Domingue.
Les anciens compagnons de Roldan , incapables de refuser une occasion de révolte , applaudirent à cette motion. Ojeda, ayant réuni les plus audacieux de ces ennemis du repos, voulut contraindre à grossir son parti les colons paisibles ou moins empressés, et attaqua brusquement pendant la nuit leurs habitations.
Quand il reçut ces affligeantes nouvelles, l’Amiral se trouvait sans troupes disponibles; et même les intentions suspectes de la faible garnison de Saint-Domingue ajoutaient à ses inquiétudes. Aucun moyen ne lui restait de faire face à tant de périls , de comprimer le soulèvement des Indiens, de tenir en respect les anciens rebelles et de
« Ei se ostento con todo el favor del obispo Fonseca, arbitro en los negocios de las Indias; y linge tener provisiones para tomar parte en el mando de la colonia junto con Carvajal. » — Munoz, Historia dcl Nuevo Mundo, lib. VI, § 53.
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