SECOURS PROVIDENTIEL QUE REÇOIT COLOMB
tout à coup. Son esprit frémit d’horreur à l’image de l’assassinat qu’on lui destinait. L’instinct de la conservation survécut seul; et pour la première fois l’Amiral songea au salut de sa vie. Il résolut de se jeter avec ses frères sur une caravelle, pour fuir à travers l’Océan la rage de ses ennemis. Mais au milieu des plus sinistres appréhensions de ses officiers et des mortelles angoisses de son cœur, il n’invoqua pas en vain1 sa Haute Majesté. Cette Providence, qui tant de fois lui avait montré sa vigilance tutélaire, vint personnellement à son secours. Dieu daigna parler à son serviteur éperdu. Une voix d’en Haut lui dit : « O homme de peu de foi, relève-toi ; que crains-tu? Ne suis-je pas là2 ! Prends courage , ne t’abandonne pas à la tristesse et à la crainte; je pourvoirai à tout. »