‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 68 sur 444 · LA REINE NOMME UN G MMISSA1RE · texte numérisé non relu

LA REINE NOMME UN G MMISSA1RE

Ces accusations étaient si graves, tellement opposées au caractère de l’Amiral, qu’elles se condamnaient par leur exagération môme. D’ailleurs aucune de ces odieuses imputations n’était formulée par écrit et appuyée de signatures connues. La Reine n’v prêta pas une Lien grande attention.

Mais si l’Amiral avait adressé un rapport circonstancié sur la rébellion de Roldan, celui-ci avait aussi fait passer des mémoires à ses amis de Séville. Tous les actes de l'administration de l’Adelantado et de son frère l’Amiral, qui les avait approuvés à son retour, y étaient fort habilement dénaturés. Au surplus, même en faisant largement la part de l’animosité et de l’exagération, la gravité de la situation n’en demeurait pas moins établie. L’Amiral l’avouait, en demandant l'envoi d’un Juge et d’un chef de comptabilité. Les apparences l’accusaient d’autant plus que le principal auteur du soulèvement était un homme de son choix, son obligé. Pourtant cet homme n’avait pu supporter plus longtemps, comme Grand Juge, les actes de tyrannie et de violence commis en sa présence. Les esprits étaient disposés à croire aisément à cette accusation, car, disait-on, avant son départ de San Lucar, l’Amiral, dans le port, presque sous les yeux des Rois, avait prouvé sa violence et sa brutalité. D’autre part, la nomination de ce Roldan, qui maintenant suscitait de tels embarras, accusait l’impéritie administrative de Colomb ; et son opinion sur l’esclavage des Indiens, nonobstant les résolutions si formelles de la Reine, attestait son entêtement. 11 devenait donc nécessaire, pour remédier à cette situation, de nommer un Commissaire instructeur, un magistrat éclairé qui irait, selon la demande de l’Amiral lui-même, rendre la Justice dans l’île, et qui devrait commencer par informer contre les rebelles, Durant son instruction, se découvriraient sans

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