OÜ IE COMMISSAIRE BOBADILLA
doute les causes du mal. On aviserait ensuite aux moyens d’y porter remède.
Ce fut à ce parti si sage que s’arrêta la Reine.
L’envoi d’un Juge éclairé eût été un bienfait pour la colonie. Malheureusement, au lieu d’un jurisconsulte qu’avait demandé l’Amiral, on choisit pour Magistrat un homme d’épée : le Commandeur François de Bobadilla, qui jouissait de l’estime de Fonseca et d’un grand crédit à la Cour. Sans doute son incompétence était objectée par la Reine, car, au lieu d’une Provision Royale, qui l’eût nommé Juge supérieur de l’île, il ne reçut par décret du 21 mars 1 199 qu’une Commission spéciale d’informer sur les troubles survenus à l’Espagnole, de procéder contre ceux qui s’étaient révoltés contre l’Amiral, de les appiéhender au corps', de séquestrer leurs biens et de les juger, présents ou contumaces, au civil et au criminel, avec la plus grande rigueur des lois.
Jusque-la tout était pour le mieux.
Mais il importait à ceux qui voulaient anéantir l’autorité de Colomb de faire convertir ce mandat spécial en titre définitif, et qui permit de déposséder enfin l’Amiral. Après deux mois d influences et d’intrigues adroitement déguisées, pendant lesquelles on sapait l’ascendant du souvenir de Colomb dans l’esprit de la Reine, on parvint à faire admettre cette hypothèse que, si malheureusement le résultat des informations du Commissaire Royal amenait la preuve de l’incapacité administrative de l’Amiral, et la justification ou l’excuse de la rébellion de Roldan, il importerait de pourvoir sans délai à des besoins criants et de réparer des maux si anciens. De telle sorte que la nomination du Commandeur Bobadilla au gouvernement des
1 Comision al comendaclor Francisco de Bobadilla. — Coleccion rîiplomatica. — Dociwicntos , n° cxxvii.