‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 73 sur 444 · JU ACCUSATION CONTRE COLOMB · texte numérisé non relu

JU ACCUSATION CONTRE COLOMB

contrées , et les chrétiens les ayant à leur service , ils seraient plus aisément convertis et attirés à notre sainte foi catholique1. » Donc la cause de la disgrâce de Colomb ne doit pas se chercher dans cet envoi d’esclaves, envoi d ailleurs qu il n avait point fait, et contre lequel même il avait pris des garanties.

Ce qui perdit Colomb , ce fut le voyage de la Reine à Séville.

Si 1 on excepte l’honorable François Pinelo, trésorier, que son isolement condamnait au silence, à Séville tous les lonctionnaires supérieurs de la marine et des colonies, appuyés de la bureaucratie entière, n’avaient qu’une voix contre l’Amiral des Indes. A Séville, l’accusation contre Colomb était si compacte, l’opinion publique si fort prononcée, elle s’insinuait et circonvenait tellement par tous les rapports et à tous les degrés de la hiérarchie administrative, que cette unanimité de blâme étouffa 1a, défense qu’auraient présentée le brave Miguel Ballester et Garcia de Barrantes. La Reine elle-même finit par céder au nombre.

La défection de son attachement fut le triomphe de Juan de Fonseca. Colomb se trouva condamné sans avoir été entendu ; et jugé sur la déposition de ses ennemis.

On parvint à prouver à la Reine que Y Amiral des Indes, se jouant de la liberté des Indiens, avait fait cadeau à chaque Castillan d’un ou de plusieurs Indiens libres et innocents de tout crime, pour en faire monnaie, en les vendant sur les marchés de l’Andalousie. L’âme généreuse d Isabelle, révoltée à l’idée d’un pareil dédain de l’humanité, s’écria, dit-on : « De quel droit l’Amiral des Indes dispose-t-il ainsi de mes sujets? Qui lui a permis de faire

1 Provision para poder cautivar à los Canibales rebeldes. — Apendice a la coleccion diplomàtica, n° xvii.

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