BOBADILLA A SAINT-DOMINGUE
une embarcation pour savoir s’il n’était pas à bord. Le canot, ayant accosté la Gorday demanda qui était le commandant. Bobadilla, s’appuyant au bastingage, répondit que c’était lui-même; qu’il s’appelait le Commandeur François de Bobadilla 1 5 qu’il arrivait en qualité de Commissaire des Rois pour juger les rebelles, et que le jeune ion Diego n’avait pas été embarqué. Le canot repartit.
Cette nouvelle, promptement répandue, sema l’effroi diez les anciens insurgés.
Vers dix heures, la brise de terre vint à tomber, et les leux caravelles firent leur entrée dans le port. Le Comnandeur Bobadilla put voir tout d’abord à quelque disance deux gibets, auxquels pendaient deux corps. Il l’en fallait pas davantage pour justifier en son esprit les iccusations de cruauté portées contre l’Amiral. La plupart des fonctionnaires vinrent bientôt sur la caravelle présenter leurs hommages à l’envoyé des Rois. Le Comnandeur décida qu’il ne descendrait pas à terre ce our-là.
Le lendemain, accompagné de sa suite et de fétatnajor, il se rendit directement à l’église, où se trouvaient léjà Diego Colomb et Rodrigo Perez, rétabli dans ses onctions de lieutenant de juge, depuis la défection de ^dro Riquelme. A l’issue de la messe, sur la porte même le l’église, François de Bobadilla fit, en présence de don )iego Colomb et de toute 1 assistance, donner lecture, iar le notaire Gomez de Ribera, de son mandat royal* our informer contre les troubles qui avaient éclaté dans île. Lecture faite, le Commandeur, en vertu des pouoirs dont il avait donné connaissance , requit Diego lolomb et le lieutenant de juge Rodrigo Perez de livrer
1 Hervera, Histoire générale et voyages , etc., dans les Indes occi entales . Décade ire, liy. IV, chap. vin.
SOMMATION DE BODADILLA.
entre ses mains les prisonniers détenus dans la forteresse,
entre autres Fernand de Guevarra, Pedro Ricjuelme et trois autres que Ton disait condamnés à mort.
Diego Colomb répondit que le Vice-Roi des Indes avait des provisions et titres supérieurs à cette Commisssion, comme on le prouverait en temps et lieu; qu’en son absence , il n’avait point le pouvoir d’obtempérer à une telle réquisition ; et il pria le Commandeur de vouloir bien lui donner copie de ses titres, pour l’adresser à l’Amiral, de qui tout dépendait dans File. Robadilla répliqua a don Diego que , puisqu’il n’avait aucun pouvoir d’agir, il était inutile de lui délivrer la copie qu’il demandait; mais qu’il ferait bientôt valoir une autre autorité que celle de chef de la justice, parce qu’il avait le droit de commander à tous, à l’Amiral lui-même.
Le lendemain matin mercredi, à l’issue de la messe, François Robadilla s’arrêta de nouveau sur le seuil de l’église ; fit faire , par le notaire Gomez de Ribera , lecture de l’ordonnance royale du 21 mai 1499, qui lui conférait le gouvernement et la judicature des îles et Terre ferme des Indes; et prescrivait à tout sujet de le reconnaître et de lui obéir. Immédiatement le nouveau gouverneur prêta le serment d’usage, et somma don Diego Colomb et le lieutenant de juge Rodrigo Perez, en vertu de l’obéissance qu’ils lui devaient , de remettre en ses mains les prisonniers. Ils lui répondirent qu’au nom des Rois, ils déféreraient toujours à ses ordres; mais qu'en l’absence de l’Amiral, ils ne pouvaient agir sans des instructions de celui que son titre de Vice-Roi avait investi de pouvoirs perpétuels et supérieurs aux siens.
Comme la plupart des assistants, les employés surtout paraissaient partager cette confiance , et ne pas croire sans réserve aux titres que venait de publier le Comman-
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