‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 8 sur 444 · LA TERRE DE GRACE · texte numérisé non relu

LA TERRE DE GRACE

dique le dégorgement d’un fleuve. Au contraire, tantôt les vents et tantôt les remous établissent de faux courants et font remonter au lieu de descendre. L uniformité de cette prodigieuse végétation rend ces îles si semblables par leur aspect, que souvent les Guaraoüns1, naviguant sans cesse entre les découpures des îlots où ils habitent sur les arbres, s’égarent dans ces labyrinthes 2.

Ce fut donc sur ces masses de sombre verdure, paraissant sortir des eaux et s’élevant par étage jusqu’à borner l’ horizon, que se porta d’abord le regard de l’Amiral. Bien qu aucun indice ne pût lui faire supposer que ces îles étaient formées par T embouchure dun fleuve, il sentait quelque chose de nouveau, d’étrange et d’inexplicable sur la nature de ces lieux; car, loin de donner un nom collectif à ces îlots, il désigna cette contrée du nom de ((Terre de Grâce »Tierrade Gracia, parce que la grâce de Dieu 1 y avait seule conduit; et il ne parla point d îles, dans cet endroit de sa relation. On voit qu’il n’était pas assuré, malgré les apparences de ce morcellement, d avoir affaire à un véritable archipel.

Le premier point du Nouveau Continent qui fixa nécessairement 1 attention de Christophe Colomb, quand il voulut doubler la pointe Jeacos pour reconnaître la côte intérieure de Trinité, est compris entre le cap del Morro et le cap de Medio, dans le Delta de l’Orénoque. Sur les

C est improprement que plusieurs écrivains donnent à ces indigènes le nom de Guaranis. Les Indiens Guaranis sont au Paraguay. Les Guaraouns different des Guaranis par la langue et les mœurs autant que par la contrée qu iis occupent. — Dauxion-Lavaysse, Voyage aux

îles de Trinidad , de Tabago, de la Marguerite et dans diverses parties de Venezuela, t. ï, p. 3.

2 Depons, Voyage à la partie orientale de la mérique nicridionale, tom. III, p. 274.

Terre Ferme dans Va -

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