‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 82 sur 444 · PROTESTATION DE COLOMB · texte numérisé non relu

PROTESTATION DE COLOMB

prendre des mesures importantes avant d’avoir étudié les localités. Il lui faisait comprendre que, désirant se rendre en Castille, il lui remettrait avant peu les rênes du gouvernement, et lui fournirait tous les renseignements dont il pourrait avoir besoin. Mais aucune réponse ne fut faite à cette lettre par le Commandeur. Il s’en tint au silence de la haine ou du dédain pour un rival abattu. En revanche, il adressa des gracieusetés à l’ancien rebelle Roldan, et lui envoya un brevet qui le confirmait dans sa charge de Grand Juge. Plusieurs des principaux complices de la rébellion, contre lesquels la Cédule du 21 mars 1499 prescrivait de sévir, reçurent aussi des emplois au moyen des brevets qu’avaient signés en blanc les 'souverains.

Quelque temps après, Bonao vit arriver un alcade, envoyé par le nouveau gouverneur, publier l’ampliation de ses pouvoirs, et commander aux habitants d’y obéir. Après avoir écouté cette notification de l’alcade, l’Amiral protesta, devant lui, que ses titres de Vice-Roi et de Gouverneur perpétuel ne pouvaient être annulés par les provisions données à Bobadilla ; que la nomination du Commissaire royal était seulement valable pour l’administration de la justice ; et il requit les assistants de continuer à lui garder obéissance dans tout le reste, comme auparavant.

Cependant, bien qu’il se fût emparé en corsaire de la demeure du Vice-Roi, le Commandeur n’était pas complètement rassuré. L’Amiral avait avec lui des officiers dévoués. R exerçait un grand ascendant sur les Caciques. Son frère l’Adelantado se trouvait dans le Xaragua commandant une troupe fidèle. Le bruit courait à Saint- Domingue que l’Amiral allait opérer un mouvement général dans l’île. Comme en vertu de ses traités avec la Castille, Clnistophe Colomb était Vice-Roi et Gouverneur

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