LA LETTRE DE CRÉANCE
perp(’ C^es ^nc^es’ aucun ordre ne pouvait anéantir ses privilèges. Equitablement il avait le droit de se maintenir par les armes. Le nouveau gouverneur, craignant donc que 1 Amiral ne repoussât avec son épée le mandat signé par l’ingratitude de Ferdinand et Terreur d’Isabelle, jugea prudent d employer des voies de persuasion et de douceur pour l’amener à y obtempérer.
^ ^ sayait Ti piété de Colomb et son affection pour
oi dre de Saint-François 5 le Commandeur pensa que le meilleur intermédiaire dans cette affaire serait un Franciscain. Fn conséquence, le 7 septembre, il pria le Père Juan de Trasiera *, qui avait été chargé des Indiens ramenés à Hispaniola par ordre de la Reine, d’aller à Bonao trouver 1 Amiral, de lui apprendre sa disgrâce, et de lui montrer la Lettre de Créance remise au nouveau gouverneur par les souverains. Le Père Franciscain ne put se refuser à cette triste commission. Il raconta au Vice-Roi ce qui s était passe a Se vi lie , et ce qui venait d’arriver a Saint-Domingue. Pour le convaincre de la réalité de ces faits, qui paraissaient un songe fatigant, il mit sous ses yeux la Lettre de Créance, dont le laconisme terrible tranchait toute incertitude et dispensait de toute explication.
La voici dans sa sinistre teneur :
« Don Christophe Colomb, notre Amiral de la mer « Océane, nous avons ordonné au Commandeur François « de Robadilla, porteur du présent, de vous dire de notre <( part certaines choses dont il est chargé. Nous vous « prions d’y ajouter foi et créance, et d’agir conséquem- « ment. »
1 « Per un Fra Giovanni délia serra à 7 di settembre gli mando una regai lettera. « — Fernando Colombo, Vita delV Ammirciglio, cap.
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