‹ Christophe Colomb (volume 4)Chapitre 94 sur 444 · LETTRE DE COLOMR A DONA JUANA · texte numérisé non relu

LETTRE DE COLOMR A DONA JUANA

Cette autorité dont le héraut de la Croix invoque la protection, quelle est-elle sinon la Papauté elle-même? Qui peut s’opposer à la violation de ses droits, à l’injustice qui le frappe, si ce n’est le successeur du Prince des Apôtres, l’auteur de la Donation faite aux Rois Catholiques ? A lui seul appartenait d’évoquer cette cause ; de protéger de ses foudres le Révélateur du Globe , et d’empêcher que le Messager de l’Église , sous ces nouveaux cieux, ne succombât aux traits de l’iniquité, aux artifices de la félonie royale. Les liens intimes qui rattachaient la mission de Colomb aux intérêts apostoliques du Saint- Siège lui faisaient mettre naturellement son espérance dans son secours. Cependant il n’insiste pas sur cette éventualité. R n’arrête aucun projet ; ne forme aucun plan ; ne se disculpe de rien, puisqu’il ne sait pas de quoi on l’accuse. Il n’essaie pas d’avance de repousser des accusations qu’il ne peut prévoir au juste, n’ayant rien fait qui pût être repris.

Seulement il présume qu’on lui opposera des vices de formes, des irrégularités administratives, parce qu’il a exercé des actes sans précédents ou en dehors des usages de la bureaucratie. Il répond d’avance qu’il ne doit pas être jugé « comme un gouverneur envoyé dans une ville « ou dans une province administrée régulièrement, et où « les lois existantes peuvent être exécutées à la lettre,

« sans péril pour la chose publique. » Il constate sa position : « Je dois être jugé comme un capitaine envoyé « d’Espagne pour conquérir jusqu’aux Indes une nation « nombreuse et guerrière , dont les coutumes et la reli- « gion sont en tout opposées aux nôtres, dont les individus « vivent épars sur les hauteurs, sans agglomérations régu-

« hères. Dans les Indes, il n’y a ni villes, ni traités poli- « tiques. »

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