‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 102 sur 316 · VAUIATION DE LA BOUSSOLE · texte numérisé non relu

VAUIATION DE LA BOUSSOLE

l’horizon et disparaître. Même la régularité de la boussole fit exception à ses invariables lois.

Le 13 septembre, le génie de Colomb subit une rude épreuve. Son regard attentif surprit le premier indice de la variation magnétique. Ce fut la première fois, depuis le commencement de Tbistoire, que se fit une semblable observation.

Colomb vit qu’à l’entrée de la nuit l’aiguille aimantée , au lieu de se diriger vers l’étoile polaire , allait au nordouest, et que le lendemain, au point du jour, récartemcnt était encore plus marqué. Ainsi son unique guide, la boussole, dont l’infaillibilité seule rassurait encore un peu les pilotes, commençait à le trahir, et il se trouvait destitué de tout appui des sciences. Le commandant se garda bien de communiquer cette effrayante découverte aux ofliciers

de l’expédition, dont le front se rembrunissait déjà.

Le Vendredi, un présage heureux pour de vulgaires esprits ranima l’espérance des matelots. L’équipage de la Nina vit une hirondelle de mer et un paille-en-queue, les premiers oiseaux qu’on eût aperçus depuis la Cornera. Le lendemain soir, un météore en forme de rameau igné, un bolide magnifique, parut tomber du ciel, à une distance d’environ quatre lieues. L’équipage en fut épouvanté^ le contemplateur de la création s’en émerveillait au contraire. L’expression de son admiration se trahit par un mot sur son journal.

Le dimanche, des nuages et des brumes s’élevèrent des Baux. Colomb remarqua la douceur de la température, la transparence des vagues, l’éclat du ciel plus diaphane, quelque chose de doux et d’une agréable senteur marine. A une certaine distance, le ton de la mer se nuançait de rert. On voyait la plaine azurée se diaprer d’herbes trèsvives, qui semblaient fraîchement détachées des rochers»

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