ASPECTS NOUVEAUX DE U’OCÉAN
jiïiière, charme le regard qu’elle laisse arriver au loin. )ès le point du jour, les moindres vapeurs se colorent de uances prismatiques, où domine le rose -, quand les premiers jeux des brises ont balayé celte gaze flottante et mis nu le vif azur des cieux, le soleil, s’emparant rapidement e l’espace, semble par sa splendeur souveraine se couonner Roi du visible. Ses clartés rayonnent à toutes les auteurs de l’borizon • et l’Océan flamboie sous la vaste rojection du rayon qu’il réverbère. D’élégantes zélirures lissent onduleusement la surface des eaux en multipliant 3S réfractions lumineuses. La mer sereine et d’une transarence éblouissante s’infiltre de clartés et s’en laisse énétrer mollement. Les nuances les plus fugitives du vert tles décroissances les plus délicates du bleu diversifient îs vagues où surnagent, çà et là, de fraîches stries d’ulva t de varech flottant, ou bien des cryptogames pélagiques, armi lesquels souvent passent des mollusques bizarres , es thétis, des troupes de méduses aux reflets d’améthyste.
L’extrême limpidité de la mer permet d’entrevoir les bats, les querelles et parfois les migrations des populaons sous- marines. Des bandes folâtres ou peureuses ’exaucets , des trigles aux nageoires d’azur s’élancent ors de la surface, s’y replongent, en ressortent volant lus loin, et bondissent jusque sur le tillac, voulant se irpasser l’un l’autre ou se dérober aux escouades de marmuins et de thons , qui , tout en évoluant gracieusement, îs guettent au sommet de Fonde. L’œil suit à de certaines rofondeurs, tantôt les dorades somptueusement parées ’écailles chatoyantes, tantôt un énorme crabe, un squale rmé de sa scie, l’espadon querelleur, des tortues égarées, U un empereur despotique. Plus souvent escorté de ses piniâtres pilotes, rôde autour du navire un requin bomiide. Par intervalles, la frégate aux larges ailes, les goë-
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lands, les damiers fuient à l’horizon-, puis reviennent, S( balançant sur les flots , y plongent rapidement et remontent avec leur proie dans les airs.
Mais à certains jours, la solitude se fait au loin dan rOcéan^ le silence s’étend, et l’immobilité pèse sur l’im mensité de la plaine humide. A portée du regard et d( l’ouïe, rien ne se meut, rien ne s’entend. L’aspect de ci vaste repos, l’ahsolu du calme, cette image la plus sensibL de la grandeur, évoquent l’infini dans la pensée. Alor s’éclipsent au souvenir la beauté des continents, la superbi hauteur des montagnes, la dignité des fleuves, l’opulenci de la végétation, le pittoresque des perspectives et la di versité des phénomènes terrestres. La sublimité de FOcéai fait courber de respect la curiosité de l’homme.
La nuit elle-même , en recouvrant de ses voiles cett< majesté, n’efface pas son caractère; seulement à la magni ficence de l’éclat succède la puissance de l’infini. A peint l’ardente illumination du couchant vient-elle à s’éteindre que la mer s’enveloppe d’omhres , s’obscurcit et se tien silencieuse. Son sein, doucement gonflé aux brises vespé raies, peu à peu s’apaise. Elle semble se détendre e s’assoupir. Un calme auguste endort et les vents et le eaux. Bientôt dans ses profondeurs l’azur du firmamen s'éclaire. Tandis qu’à sa coupole successivement s’allumen les lointains soleils dont le Créateur parsema l’espace l’horizon, jusqu’à sa moyenne hauteur, se pare des presi tiges de la lumière zodiacale , si peu connue dans notr: Europe.
La transparence et la tiède égalité des couches atmo sphériques adoucissent la scintillation des étoiles, qui versent une clarté blanche et calme sur le miroir de 1; mer endormie. La limpidité de l’air laisse leurs éclatante) cohortes apparaître en nombre infini. Comme un torren:
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lumineux, la voie lactée fait ruisseler ses astres dans les abîmes de la voûte céleste , qu’elle scinde en se divisant. De loin en loin, quelque son mystérieux semble traverser l’espace. L’oreille perçoit de vagues murmures ou des bruits soudains et courts -, ce sont des bandes éloignées de baleines allant du cercle polaire aux mers de ré(pjateur, ou bien un formidable cachalot qui erre tristement solitaire et souille avec violence en lançant ses colonnes d’eau. Tantôt des troupes d’oiseaux fatigués passent invisibles fort au-dessus des navires, et jettent quelque cri interrompu pour mot de ralliement, à travers l’obscurité. De vagues senteurs emportées par les brises , et que la fraîcheur du soir condense , saisissent l’odorat de leur parfum amer et jertaines fois balsamique.
Les phénomènes nocturnes de l’Océan ont aussi leur éclat et leur sombre urandeur. A sa brillante rétlexion
des cieux s’ajoutent les phosphorescences, les illuminations minuscules de tout ce qui se meut parmi les Ilots. La moindre ride de la surface dégage des étincelles. Sous son cristal verdâtre, des clartés inqualiüées, furtivement errantes, des corps de forme globulaire, passent et roulent à de longues distances, dégageant une lumière fort sensible. Des masses disséminées de polygrastriques, de cyclides et d’orphydines animent chaque couche d’eau. Partout où pointiilent de petites lueurs, d’innombrables essaims de mammaria et de néréides arrivent à la superficie, toute peuplée d’animalcules phosphorescents. Les jeux incessants des bonites, le passage de quelque grand cétacé, le sillage du navire produisent, par leur choc, de faibles vagues où l’écume est toujours melée d’étincelles.
La puissance de fécondation de l’humide, au sein duquel commencèrent la germination et la vie , est encore manifeste à l’éclat de ses molécules. L’auguste incubation de