‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 114 sur 316 · COMPLOT DES MATELOTS · texte numérisé non relu

COMPLOT DES MATELOTS

Cette conspiration promptement ourdie, sous le patronage de 1 ignorance et l’affiliation de la peur, se propage de l’Avant des navires jusqu’au château de poupe. Elle comptait cà peu près chacun pour complice, quand elle n avait encore personne pour chef. Les pilotes pensaient tout bas ce que disaient tout haut les maîtres et les mousses.

Les capitaines de la Pinta et de Nina n’ignoraient point ce qui, se tramait contre le commandant ; mais, d’une part, plus instruits et aguerris contre les flots que le reste des marins, ils ne partageaient pas toutes leurs frayeurs; de l’autre, ils se sentaient en fait, les maîtres de la situation; car, sauf quelques officiers de la 5'aw/a-Aianœ, les trois équipages composés de leurs compatriotes étaient tout a eux. Ils s abstenaient de toute manifestation personnelle ; néanmoins, sans les encourager ouvertement, ils se gardaient d’empêcher les commentairesdu gaillard d’Avant. Plusieurs fois dans leurs rapports avec le commandant, les trois frères Pinzon, l’aîné surtout, par ta hauteur de leurs airs et la grossièreté de leurs procédés, lui avaient durement fait sentir son isolement et la force de leur position.

Le Vendredi, 5 octobre, la mer étant magnifique, l’air plein de suavité, la brise toujours bonne, les signes de la proximité de la terre deviennent évidents. Colomb, dans son aimante reconnaissance, s’écrie encore : « Grâces soient rendues à Dieu ‘ ! » Un grand nombre d’oiseaux s’agitaient dans l’air et quantité de poissons volants effleuraient les navires. Beaucoup tombèrent sur le tillac de la Sania- Maria.

La navigation continuait à être facile. Les trois navires * « A Dios muchas gracias sean dadas. » — Viernes, 5 de octiére.

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