ESPERANCE PASSAGÈRE
couraient avec émulation. LaiVma, qui avait la meilleure aire de vent, précédait les autres caravelles.
Le dimanche, 7 octobre, au lever du soleil, un coup de canon parti de son bord annonce la terre, et un pavillon se hisse à son mât de hune. Les équipac;es étaient pleins d’espérance, pourtant le soir arriva sans qu’on eût rien découvert. Cependant de nombreux oiseaux se dirigeaient du nord au sud-ouest. Colomb savait que les Portugais, en suivant leur vol, avaient découvert plusieurs îles-, il se détermina à changer de rumb, à prendre à l’ouest-sudouest. Ce changement se fit seulement vers l’entrée de la nuit.
Le jour suivant ils continuèrent leur route par une brise excellente; la mer était unie comme le Guadalquivir à Séville ; une senteur balsamique arrivait aux navires sur un air plein de douceur, l’aménité de la température rappelait le climat de l’Andalousie au printemps. Le commandant rendait des actions de grâces au Seigneur L
Le lendemain le vent varia un peu, il fallut plusieurs fois changer de cap. Durant toute la nuit on entendit passer des oiseaux.
Le mercredi, 10 octobre, au point du jour, Faire du vent redevint parfaite. La flottille filait dix mille par heure. On fit cinquante-neuf lieues dans le jour et la nuit. Mais cette rapidité si heureuse ne fit qu’alarmer plus vivement les équipages. Ne voyant pas de terme à leur navigation, malgré la constance des vents propices, ils s’écrièrent tout haut qu’on les menait à leur perte. Leur épouvante fit explosion, ils refusèrent d’aller plus loin et se mirent en pleine révolte.
* « Gracias a Dios diceel Amirante: los aires muy dulces como en abril â Sevilla, qués placer estai à elles, lan olorosos son. » Luncs^ 8 Qctubre,