‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 116 sur 316 · RÉVOLTE DES MATELOTS · texte numérisé non relu

RÉVOLTE DES MATELOTS

Ici le commandant se vit dans le plus violent danser qu ait jamais couru, sur son bord, chef d’escadre.

Plusieurs écrivains ont répété qu’en ce moment Colomb, menace par son équipage, s’était trouvé contraint de lui promettre de retourner sur ses pas, si dans trois jours l’on n avait pas aperçu la terre. Nous devons affirmer que ces diverses assertions sont dépourvues de fondement.

Le trop modeste laconisme de Colomb en ce qui touche sa personne, la supériorité de ses aspirations, son dédain des ollenses, sa pitié pour la faiblesse humaine lui ont fait omettre tout détail sur cette révolte. Ce grand homme que son esprit d’exactitude portait à inscrire sur son journal les moindres événements du bord, jusqu’à un damier blessé d un coup de pierre, par un mousse, sur les vergues de la Santa- Maria ', ne daigna pas mentionner les menaces, la fureur, le fer levé sur sa tête. Il indique à peine incidemment les sommations des rebelles; et c’est par les révoltés eux-mêmes, qu’on a su leur révolte.

Qu il y ait eu attentat contre l’autorité et la vie de Colomb, cela n’est pas douteux; mais que le commandant composant avec les équipages les ait suppliés de naviguer pendant trois jours encore, ceci ne paraît pas croyable. D’abord, pour qui a étudié le caractère de Colomb, ce fait est impossible. Ensuite aucune preuve n’existe de cette prétendue transaction entre le commandant et les équipages rebelles. Ni le fils de Colomb, Las Casas, Pierre Martyr, le cure de los Palacios, Ramusio ni aucun des histori0ns cont6rnportiins ne lo, rapportent. Oviedo seul parle de 1 assurance donnée par Colomb (ju^avant trois jours il aurait découvert la terre 5 mais ce fait n’est point présenté avec le caractère précis d’une capitulation. Oviédo, bien

* Journal de Colomb. — Jeudi, 4 octobre 1492.

Page 1