COLOMB RECONNAIT LE VOISINAGE DE LA TERRE
Le commandant se retira dans sa chambre. Que se passa-t-il en ce moment dans le secret de sa retraite? Se sentant si près de la réalisation de ses espérances , quelle ne dut pas être la ferveur de sa prière ! avec quelle tendre effusion ne remercia-t-il pas a sa haute Majesté » de sa protection constante !
Vers dix heures*, Colomb monta sur la dunette. A peine y arriva-t-il qu’il aperçut au loin une lumière ^ mais à travers la masse obscure de l’atmosphère, il ne voulut pas affirmer que ce fût la terre. Il appela un officier de la maison du Roi, Pédro Guttierrez, garde meuble de la couronne , 0t lui demanda de regarder a son tour. Pédro Guttierrez reconnut que c’était bien une lumière. Le commandant ippela le commissaire de marine Rodrigo Sanchez de Sé- ^ovie pour la lui montrer^ mais, pendant le temps que 3elui-ci mit à monter sur le gaillard d’arrière , la lumière ivait disparu. Après un certain intervalle, cette clarté 3arut une ou deux fois : c’était comme une flamme qui nontait et qui baissait alternativement. A ce mouvement ians importance pour le reste des marins , Colomb reconlut, avec précision, le voisinage de la terre.
L’escadrille faisait bonne route.
A minuit, d’après les ordres du commandant, les nadres ne gardèrent plus que peu de toile. Ils paraissaient iller assez lentement -, cependant un courant les portait ortement à l’ouest. La Pinta, bonne marcheuse, se trouvait fort en avant des deux autres caravelles. Sur chaque )ord, l’attente était unanime, et l’impatience extrême, électrisés par la solennelle affirmation du commandant, ous les cœurs palpitaient d’espérance. Nul ne doutait ^
ons de préférence l’expression de ce dernier, comme plus naturelle et •lus vraisemblable.
^ « Due hore avant! mezza notte. » — Fernando Colomb, cap. xxi,