‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 121 sur 316 · LA TERRE EST SIGNALÉE · texte numérisé non relu

LA TERRE EST SIGNALÉE

aucune paupière ne se ferma. Chacun dévorait l’espace et plongeait dans l’incertitude des ombres son regarc avide. Soudain un éclair brille et un coup de canon tonne au large. Les éejuipages bondissent d’allégresse 5 c’étail le signal de la Terre! Un marin de la Pinta, nommé Juar Rodriguez Bermejo, l’avait aperçue. L’horloge de l'àSanta- Maria marquait alors deux heures du matin. Au bruit de la détonation, Christophe Colomb, se jetant à genoux el levant au ciel ses deux mains, tandis que des larmes de reconnaissance inondaient ses joues, entonna le 2c Deim laudamiis, et tous les éejuipages, transportés de joie, répondirent à la voix de leur chef.

Ce ne fut qu’après avoir satisfait au devoir religieux qu’on donna cours à l’allégresse dont étaient débordés les cœurs. Un mouvement, indescriptible s’opéra sur-le-champ dans les trois navires. Un commandement de Colomb fit ferler toutes les voiles 5 on ne laissa que le tréou, et l’on mit en panne pour attendre le jour. La prudence du chef, qui n’oubliait rien, songeait à mettre la flottille en état de défense 5 car on ignorait ce que. le retour du soleil ferait apparaître. On fourbissait les armes, on préparait la grande tenue 5 les amis, les parents se félicitaient. Tout l’équi- ])age (Je la Santa-Maria se présenta devant le commandant pour lui olïrir ses respects, et rendre hommage à son génie.

Page 1