‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 129 sur 316 · AMOUR DE COLOMB POUR LA NATURE · texte numérisé non relu

AMOUR DE COLOMB POUR LA NATURE

mation des nacres à perle. Il s’y trouvait plusieurs coquillages bivalves qui en sont une sorte d’indication. Les Indiens lui apprirent qu’il y avait dans cette île des perles et des mines d’or.

Empressé de découvrir cet or, le 29 octobre, l’Amiral leva l’ancre, et navigua au couchant pour aller à la capitale qu’indiquaient les Indiens. On reconnut bientôt l’embouchure d’un cours d’eau qu’il nomma a le Fleuve de la lune. » Vers le soir on en signala un autre, beaucoup plus large, qu’il nomma « le Fleuve des mers. »

Deux embarcations furent envoyées à terre pour prendre langue; mais toute la population avait pris l’alarme et la fuite en apercevant ces étrangers. Les maisons en forme de tentes militaires, posées ça et là sans régularité, offraient la plus extrême propreté extérieure, accompagnée d’une sorte d’élégance dans leur modeste ameublement. On y trouva des statuettes à figure de femmes et plusieurs masques finement^ ciselés. Il y avait encore là des chiens honteux et sans voix, inutilement fidèles an domicile. Quelques oiseaux familiers vivaient dans leur taciturne compagnie. De nombreux ustensiles de pêche indiquaient le genre d’industrie de cette peuplade. L'Amiral défendit encore de toucher à aucun objet.

La magnificence qu’admirait ici Colomb ne méritait pas moins son étude. Il remarquait l’indicible beauté des arbres et la saveur des fruits. Ses nuits passées dans la contemplation de cette nature, l’observation de la voûte céleste, étaient charmées par le vagabondage lumineux des lucioles, la douceur de l’air, les émanations odorantes du sol et de l’onde baignant des plantes balsamiques. Il écoutait avec une mélancolique jouissance les petits symphonistes des bocages, le gazouillement des oiselets, les cantilènes à roulades perlées du rossignol variées d’inimitables

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