‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 130 sur 316 · AMOUK DE COLOMB POUR LA NATURE · texte numérisé non relu

AMOUK DE COLOMB POUR LA NATURE

trilles, recueillait tous les bruits de cette riche nature, discernant les moindres notes dans l’étendue de cette mélodie, et reconnaissant jusqu’au cri de l’humble grillon ^ qui rappelait aux matelots durant les heures du quart leurs jeux d’enfance au foyer de la patrie lointaine.

Son ravissement religieux et le poétique épanouissement de ses émotions n’arrêtaient ni ne retardaient ses investigations cosmographiques. En savourant la sérénité de ces nuits calmes et embaumées également exemptes de chaleur et de froid, il se demanda pourquoi dans un rayon si peu éloigné des îles Bahama, entre lesquelles la chaleur était très-forte, il rencontrait maintenant une température si modérée. Sa réflexion trouva la cause de cette différence. D’abord il attribua la chaleur des îles Bahama à leur niveau constamment plat et à l’absence de toute montagne, ainsi qu’à la constance des vents tièdes venant de l’est. Il jugeait que le calme de la mer devait favoriser dans ces parages la formation des coquilles à perles.

Le lendemain l’Amiral continuant sa route à l’ouest, reconnut un cap avancé dans les flots, si richement couvert d’arhres palmifères qu’il le nomma « le cap de palmiers. » Les Indiens embarqués sur la Pinia dirent au capitaine que, derrière ce cap, coulait un fleuve éloigné de Cuba seulement de quatre journées. Martin Alonzo Pinzon ne doutait pas que la côte qu’ils longeaient ne fût un continent et Cuba une grande capitale. Par suite de son étude du planisphère idéal de Toscanelli, que lui communiqua Colomb et qu’il garda trois jours, Martin Alonzo se croyait arrivé dans les pays qu’il y avait hypothétiquement désignés.

* Journal de Colomb. — Lundi 29 octobre 1492.

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