‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 137 sur 316 · RAPPORTS DE COLOMB AVEC LES INDIGÈNES · texte numérisé non relu

RAPPORTS DE COLOMB AVEC LES INDIGÈNES

terre un nom significatif, appela son extrémité orientale Alpha et Oméga, (c le commencement et la fin, » parce que là commençaient les Indes du couchant^ là finissait rOrient de l’Asie. C’était le point réciproque du départ et de l’arrivée dé l’ancien monde au nouveau.

A travers son véhément amour de la création, on chercherait en vain dans Christophe Colomb un penseur élégiaque, un contemplateur stérilement enthousiaste de la nature. Son admiration du paysage, sa dilBcultueuse étude de la flore et de la faune de ces régions nouvelles, ses remarques du sol qu’il espérait recéler de l’or et des pierreries n’absorbaient pas uniquement sa puissance de méditation. Avec une égale ardeur il s’efforçait de comprendre le caractère de ces peuplades qui se dérobaieni soigneusement à son approche. Ne pouvant les voir et les observer, il les approfondissait par l’intuition ^ disons le mot : il les devinait.

En effet, ses rapports avec les individus et les habitations de ces pays furent, dès le premier contact, ce qu’auraient pu les rendre la plus longue observation et l’expérience de la pratique. Il ne commit jamais d’erreur ou de méprise à l’égard de ces peuples. Il sut s’en faire comprendre, s’en faire aimer, les dominer par l’affabilité, prendre sur leur esprit un grand ascendant personnel. Sa sollicitude de leur salut étant son premier mobile, il saisissait toute occasion de leur inspirer une haute idée des Européens, afin qu’ils désirassent leur ressembler, adopter leurs coutumes. Il voulait, par une magnanimité constante, leur montrer la sublimité de l’Évangile qu’il venail leur annoncer. Sans l’âpre cupidité de ses équipages,

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