INTENTIONS IIELIGIEUSES DE COLOMB
confusion sur les sentiments et leur but. Nous ne permettrons pas qu’on s’y trompe^ car les actes et les intentions ont été nettement expliqués par Colomb lui-môme.
Une fois la prise de possession effectuée dans sa forme régulière, l’Amiral plantait encore des Croix, en choisissant les sites les plus apparents et les plus pittoresques. Il avait en cela plus à cœur d’honorer le Rédempteur divin ^ue d’attester sa priorité de découvertes. Autant il aimait à recueillir en son âme son admiration des ouvrages du V^erbe, autant il éprouvait le besoin de glorifier devant les hommes le Sauveur de l’humanité. Non-seulement il remerciait Dieu de l’avoir choisi pour découvrir ces nouvelles choses, mais de lui avoir accordé l’honneur d’arborer, le premier, sur ces plages inconnues, la Croix, signe immortel de l’immortalité conquise. Il se considérait dans ces gracieux déserts comme un autre Jean-Baptiste, préparant les sentiers de Celui qui allait venir avec sa grâce sanctifiante sous le symbole eucharistique. Élu de la Providence, Christophe Colomb précédait les nouveaux apôtres, ses frères les Franciscains, ses amis les religieux de Saint-Dominique, que devaient suivre bientôt les saints émules de François Xavier.
L’Amiral s’efforçait d’ouvrir l’entendement des Indiens qu’il avait à bord C et les interrogeait fréquemment, nonobstant l’insuccès de ses questions, la confusion de leurs réponses. Il reconnut, dès les premiers jours, leurs dispositions à l’hyperbole et au fantastique. Leurs assertions les plus claires ne méritaient jamais qu’une demi-confiance.
Colomb n’avait pas seulement à se défier des interpré-
* Colomb avait en tout vingt Indiens ou Indiennes et trois enfants à bord des caravelles, savoir : sept insulaires, emmenés de San-Salvador ; six hommes, sept femmes et trois enfants, emmenés de Cuba.