‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 14 sur 316 · LE MÉDECIN PAUL TOSCANELLI · texte numérisé non relu

LE MÉDECIN PAUL TOSCANELLI

core inexplorée de l 'Afrique, dans la haute mer, sous la région équatoriale, et de là repoussés sur les îles par les vents doccident‘. D’ailleurs durant plusieurs années de \ojages et de résidence intermittente dans ces parages, il n avait rien vu, rien touché par lui-même. Dans ces indices tout se bornait a des ouï-dires. Washington Irving e.st obligé d’avouer que ces faits « n’ont dû être connus de Colomb qu’après que son opinion était formée, et ne servirent qu’à la confirmer^. »

Quoi qu’il en soit, dès l’année 1474, sa résolution d’aller à la découverte de terres qu’il pressentait exister dans 1 ouest, était arretee. Par le moyen d’un Toscan, domicilié à Lisbonne, il établissait une correspondance avec l’une des plus grandes célébrités de l’Italie, le médecin de Florence, Paul Poscanelli, mathématicien et cosmograpbe, qui était familièrement admis à la cour pontificale, dans ses voyages a Rome, et dont le roi de Portugal demandait 1 avis sur des sujets touchant à la géographie et la navigation.

Ce Paul Toscanelli, homme d’ardente émulation pour la science, avait été excité aux mathématiques par ses relations avec le vieil artiste, orfèvre, sculpteur, ingénieur: Riunellesco, qui eleva dans les airs et revêtit de marbre l’admirable coupole de Santa-Maria-del-Fiore, à Florence. Toscanelli s’adonnait à l’étude de la nature. Il était connu sous le nom du physicien Paul. Car à cette époque, les médecins n’avaient point d’autre titre. Après avoir lu^

1 En effet, lors de son premier voyage, on vit à cinq journées de navigation de la Gomera, passer un débris de hunier qui avait appartenu à un navire de cent vingt tonneaux. — Journal de Colomb, 1 1 septernhre 1492.

2 Washington Irving, Histoire de la vie et des voyages de Christophe Colomb, t. 1, llv. 1, chap. v.

CimiSTOPIÏE COLOMB LUI COMMUNIQUE SON PROJET, 101

toutes les relations existantes des voyageurs, son goiit pour la cosmograplne Favait mis en rapport avec 1(‘S voyageurs des diverses nations (|iii arrivaient en llali(‘ (‘t allaient à Rome, centre de la chrétienté, loyer piïrmancnt de la civilisation.

Des deux seuls fragments qui nous soient parvenus de la correspondance de Colomb avec le medeciii Paul, il

résulte :

1® Qu’antérieurement au mois de juin li / i, (.olomh avait communiqué au savant Florentin son projet de navigation à rOuest. Toscanelli lui envoya copie d’une lettre qu’il venait de répondre depuis quelques jours au chanoine Fernando Martinez, lequel lui avait écrit de la part du roi de Portugal. Or, cette lettre était datée du 25 juin ÜTi.

2^ Que Toscanelli trouva un vif intérêt dans les lettres de Colomb - qu’il jugea sou désir d’atteindre l’Orient ])ar le couchant une idée grande et noble; et ([ue déjà (.olomh lui parlait des avantages inapprécialiles qui en résulteraient pour toute la Chrétienté C Nous prions qu’on rernaniue ce fait et cette date. Car ce seul mot de Chrétienté résumait ’ déjà le but, le complément et la récompense de Fidée de Colomb .

Dix-huit mois s’écoulèrent pendant lesciuels le projet fut mûri.

§ lll.

En 1476, Christophe Colomb ayant atteint sa quarantième année, résolut de tenter la réalisation de son plan. Pour cela ses yeux se tournèrent naturellement vers sa pa-

1 « E guadagno inestimablle e di grandissïma fuma apprcsso tulfi li Cristlani. » — Seconde lettre de Paul Toscanelli à Christophe Coloml).

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