‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 147 sur 316 · LE GRAND CACIQUE GUACANAGARI · texte numérisé non relu

LE GRAND CACIQUE GUACANAGARI

merveilleux ne préoccupât au loin les populations de Tîle^ car pendant la courte absence de l’Amiral, un autre Cacique de la partie ouest était venu directement aux navires pour le voir. Et la veille, un Cacique résidant à trois lieues du mouillage était venu lui parler de plusieurs morceaux d’or.

Le samedi, 22 décembre, le seigneur supérieur de la contrée, le grand Cacique Guacanagari, jeune et gracieux souverain, dans son désir de voir aussi les hommes venus du ciel, envoya l’un de ses premiers officiers inviter l’Amiral à mener ses vaisseaux près de sa résidence, et lui offrit une ceinture à laquelle pendait, en guise d’aumônière, un masque de bois léger, mais dont les grandes oreilles, la langue et les yeux étaient d’or pur. Cet envoyé ne comprenait guère le parler des Indiens de San-Salvador, et ceux-ci n’entendaient pas davantage son idiome ^ ce qui fit qu’ils passèrent une partie du jour à s’interpeller inutilement. Il fallut que Colomb, éclaircissant leurs méprises réciproques, devinât dans leurs signes l’objet de ce message. Le lendemain était un dimanche. Bien que l’Amiral, comme l’observe Las Casas, « n’eût pas l’habitude d’appareiller à un tel jour, non par superstition mais à cause de sa piété, » il s’y décida néanmoins, afin de déployer le signe de la Rédemption sur ces rivages, dans ce jour qui appartient au Seigneur, et « par suite de l’espérance qu’il avait conçue que ses habitants se feraient chrétiens. « Dans l’après-midi plus de cent vingt canots chargés de curieux entourèrent les caravelles. Chacun apportait son petit présent.

Le vent ayant manqué, l’Amiral ne put se rendre près du grand Cacique Guacanagari. Il envoya sur les embarcations le notaire royal et quelques officiers le saluer de sa part. Durant ce temps, un Cacique inférieur parut à

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