‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 150 sur 316 · COLOMB FAIT CONSTRUIBE UN FORTIN · texte numérisé non relu

COLOMB FAIT CONSTRUIBE UN FORTIN

ration générale pour la supériorité des hommes divins. Ce qui l’attirait ainsi, c’était particulièrement la personne de Colomb lui-même. Les sauvages comme les enfants jugent par instinct des choses qu’ils ne peuvent expliquer : les personnes et les sentiments. Ils ne se méprennent point sur ceux qui les aiment. Le naïf souverain de ces contrées se sentait attiré vers la grandeur de Colomb. Une sympathie profonde l’attachait à cet homme divin. C’était sur lui qu’il avait versé des pleurs. Chacune de ses condescendances en laveur des étrangers se rapportait à leur chef.

Un des traits caractéristiques du génie de Colomb et de son rôle providentiel fut, sans contredit, sa soudaine aptitude aux sciences et aux fonctions qui lui étaient le plus étrangères-, étonnante improvisation de spécialité, par laquelle il put accomplir, en perfection, toute chose utile aux intérêts dont il avait le dépôt. Le naufrage de sa caravelle le rendit ingénieur. Il dessina le plan d’un fortin ou petit château fort carré, avec bastion aux angles S et en dirigea personnellement les travaux.

L’activité des Espagnols, secondés des sujets de Giiacanagari, fit des prodiges. Dix jours après l’échouage de la Santa-Maria, déjà ce puissant fortin s’élevait sur la grève; il était construit en terre soutenue par des pieux reliés avec les grandes pièces de la charpente du navire. On avait placé par-dessous une vaste cave, qui devait servir à renfermer les munitions de bouche et de guerre , les marchandises destinées aux échanges. La quantité de ces objets était considérable.

Pour garder ce fortin, sur lequel flottait le pavillon de Castille, Colomb choisit dans l’équipage de la Santa-Maria

1 Oviedo y Valdez, la Hisioria natural y general de las Indias, libr. 11, cap. vi.

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