‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 163 sur 316 · PERFIDIE DU GOUVERNEUR PORTUGAIS · texte numérisé non relu

PERFIDIE DU GOUVERNEUR PORTUGAIS

divers rarraîchissements de la part du gouverneur de Vile, qui devait, disaient-ils, venir le lendemain lui faire visite, apporter de nouvelles provisions, et lui ramener trois matelots qu’il retenait à terre, pour le plaisir d’écouter leurs merveilleux récits. Comme il était déjà tard, Colomb fit coucher à bord ces trois envovés.

Au point du jour, l’Amiral ne voulant pas diflerer l’accomplissement du vœu fait par l’équipage, d’aller pieds nus et en chemise à l’église de Notre-Dame, dans la première terre où l’on aborderait, priâtes trois messagers qui retournaient à la ville, d’envoyer un prêtre à l’ermitage de Notre-Dame, situé près de la mer, derrière un cap. La moitié de l’équipage se rendit en procession à cette chapelle. Tandis que les Espagnols étaient en prières près de l’autel, la garnison de File cerna la chapelle et fit prisonniers ces pauvres pèlerins.

L’Amiral attendait le retour de la chaloupe pour aller avec l’autre moitié de ses hommes à l’ermitage. A onze heures, voyant que rien ne paraissait, il soupçonna qu’on retenait ses marins ou que l’embarcation s’était brisée contre les rochers du cap. De son mouillage on ne pouvait apercevoir la chapelle -, il leva l’ancre aussitôt pour se diriger vers un point d’où il la découvrirait. En elfet, on ne tarda pas à voir une troupe de cavaliers qui, mettant pied à terre, entrèrent tout armés dans la chaloupe, et poussèrent vers la caravelle comme pour la prendre à l’abordage. Quand ils furent à portée de la voix, le gouverneur de l’île, qui dirigeait en personne ce coup de main, demanda un sauf-conduit pour sa sûreté personnelle s’il montait à bord. L’Amiral l’accorda ; mais l’astucieux Portugais, ne se fiant point à une parole que luimême aurait certainement violée en pareil cas, ne quitta pas la chaloupe.

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