‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 17 sur 316 · SES PARENTS ÉTABLIS A SAVONE · texte numérisé non relu

SES PARENTS ÉTABLIS A SAVONE

rio et Jacques Lambert, citoyens de Savone. Mais, liélas! cette aisance subite de Domiiii([ue Coloml), ce payement au comptant de la terre qu’il vient d’ac(|uérir étaient des illusions d’un instant. Sans doute, il avait compté sur une parole qui lui lit défaut au moment de la signature. Tant il y a qu’après la quittance donnée j)ar le vendeur, immédiatement, dans le même local , devant les mêmes notaire et témoins, le pauvre Dominique Colomb fut obligé de se reconnaître débiteur de ces 2o0 livres en monnaie de Sa-

vone; et promit de se libérer, au moyen de son travail, dans l’espace de cinq ans, en donnant au vendeur, chaque année à la Saint-Michel, une quantité de drap ([ui devrait valoir 50 livres en monnaie de Savone, au dire des experts Christophe Barucio ' et Henri Bertou.

Cependant, nonobstant ses elïorts, le vieux cardeiir ne put livrer régulièrement à la Saint-Michel la quantité de drap convenue. Jean Pellegrino son fils, valétudinaire, succomba à sa mauvaise santé. Il avait été tour à tour une charge et un aide.

Trois ans après, il fallut se décider à vendre la maison avec jardin qu’on possédait encore à Cônes, en dehors de la porte Saint-André. Cet immeuble servant de garantie aux droits dotaux de Suzanne Fontanarossa, son consentement fut exige Maigre cette nouvelle aliénation, Dominique ne parvint pas à éteindre ses obligations aiité-

* Les frères Barucio étaient alors les premiers fabricants de draps de Savone. On voit dans l’acte du 12 mars 1473, passé par-devant M« Ludovico Moreno, 44 maîtres cardeurs donner leurs pouvoirs à Barüiélcmy Barucio, dans l’intérét de leur corporation.

- Giovanni Gallo, notaro in Savona. — 23 gennajo 1477. « Su-

sanna de Fontanarossa, Q. Giacomo, moglie di Domenico Colombo... dû

consenso al marito per la vendita d’una casa in Genovacon giardino posla

nel Borgo di S. Stefano, contrada di S. Andrea, obligata per le sue dotti. >»

rieiires, et resta sous le coup des engagements contractés pour l’achat de la petite propriété de Valchaude.

Ses forces déclinant avec l’âge, il dut renoncer au plai sir de la cultiver lui-même, et fut obligé de l’exploiter par autrui. Le 17 août 1481, dans l’étude d’Ansaldo Basso, il 1 afferma a Jean Picasso, fils d’Ode. Peu après, il ne put continuer son état de cardeur. Il se vit contraint à se défaire de son métier, sans avoir eu la satisfaction d’y former son plus jeune fds, Jacques, dont la constitution délicate exigeait de grands ménagements. Pour comble d’infortune, la fidèle associée de sa vie, qui pendant plus de quarante-six ans avait si vaillamment partagé ses labeurs, ses soucis, et adouci ses tribulations incessantes, Suzanne Fontanarossa lui fut retirée par la mort. Dès lors il se déplut à Savone.

Revenons à Christophe Colomb.

Si ce double refus, et peut-être l’impossibilité reconnue de recourir immédiatement à un autre État, avec chance de réussite, lui firent ajourner la communication de son projet, il ne continua pas moins assidûment ses observations, et n’en cbercba pas moins à élargir l’écbelle de ses comparaisons cosmographiques. Nous le voyons un an apres, franchissant l’Océan Germanique, s’avancer sur la

route des mers polaires. Au mois de février 1477. il se

trouvait a cent lieues par delà l’Islande, et constatait des phénomènes intéressants pour l’hydrographie. Des sombres horizons du Nord, des cieux aplatis de cette lie lointaine, Yultima l’/iw/e des anciens, aux splendides cieux des tropiques, avec sa puissante faculté de généralisation, il rassemblait dans son souvenir les harmonies de la terre et des eaux, cherchant à pénétrer par delà la poésie des ap-

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