LE PEUPLE ACCOURT VISITER COLOMB
bord delaiVrm pour signifier à Colomb de venir présente] ses papiers à son chef et faire sa déclaration aux facteun royaux. Bien qu’il fût sous les batteries du vaisseau por tugais, Colomb répondit que malgré le chétif gabarit d( la caravelle, étant sur son bord en qualité d’Amiral du ro et de la reine de Castille, il n’avait aucun compte à rendn à de tels employés, et qu’il n’y irait point. L’officier lu demanda d’envoyer au moins le maître de la caravelle L’Amiral répliqua qu’envoyer un de ses hommes ou aile] lui-même serait la même chose; que personne ne serai tiré de son bord que par la force des armes; que les amiraux de Castille savaient mourir avant que de se rendn ou de livrer contre le droit un de leurs marins. Lafermeh de cette attitude intimida l’officier qui, changeant de ton le pria seulement de lui donner la preuve de sa qualité pour qu’il en informât son chef. L’Amiral voulut bien lu montrer ses Lettres patentes. A peine le commandan Alvaro de Acunha eut-il reçu le rapport de l’officier, qu’i vint en grande cérémonie au son des timballes, des fifre! et des trompettes, faire sa visite à l’Amiral, et se mettn entièrement à sa disposition.
Le bruit de la découverte d’un nouveau monde par ui navire qui était ancré dans le Tage, courut rapidement i Lisbonne. Malgré l’état de l’atmosphère, on arrivait er foule de la ville au mouillage de Rastello ; une multitude de barques couvrait les flots. L’admiration n’était paï moins vive que la curiosité. On rendait grâces à Dieu de cet événement, qu’une intuition confuse, un pressentiment secret disait être immense. La voix du peuple déclarait que cette gloire était donnée à la Castille, en récompense du zèle de ses Rois pour la religion L
1 « Dando gracias a Nueslro Senor y diciendo que por la gran fé que
MESSAGE DTI ROI DE PORTUGAL A COLO]\lR. 36 1
Api es le peuple, ce fut le tour des grands. Le lendeniain, des gens d importance, les facteurs même du Roi, vinient à la caravelle pour voir et pour entendre les merveilles de cet autre monde, qu’on avait réputé fabuleux. Les uns déploraient que le Roi n’eût pas accepté les offres de Colomb 5 les autres avouaient, en liénissant le Seigneui , que ce succès paraissait le prix de la persévérance des pieux souverains de Castille à iiroiiager la religion de Jésus-Christ C
Le Vendredi 8 mars, un message du roi de Porfuîial vint sanctionner les témoignages spontanément rendus à l’homme de la Providence. Le chef de la nation suivait 1 élan de son peuple. Il priait gracieusement l’Amiral, puisque le temps le retenait au mouillage, de vouloir bien venii dans sa retraite, et ordonnait aux Facteurs de lui fouinir gratuitement tout ce dont il aurait besoin pour lui, son équipage et son navire. R avait commandé aux principaux officiers de sa maison d’aller à sa rencontre, et lui avait fait préparer à Sancaben, où il devait coucher, une hospitalité royale. L’Amiral se mit donc en route, accompagné d’un de ses pilotes qui remplissait les fonctions d aide-de-camp. La persistance de la pluie ne lui permit d arriver au Val-Paradis que le lendemain soir. 11 y lit son entrée au milieu d’un noble cortège.
L accueil du souverain surpassa encore tous ces honneurs. Joam II le reçut comme un prince du sang^ le fît
los reyes de Castilla tenian y deseo de servir â Bios, que su alla magestad los daba todo este. — Mtercoles, o de marzo
« Porque Sus Altezas se trabajaban y ejercitaban en el acrecentaniicnto de la loligion de Cristo. » — Jueves, ü de marzo,