‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 173 sur 316 · LE ROI CONSULTE SON CONSEIL · texte numérisé non relu

LE ROI CONSULTE SON CONSEIL

s’agitait d’anéantir le fruit de ses labeurs, de dérober la notion de ses découvertes, en le mettant à mort.

L’assassinat de Colomb fut proposé au Roi.

^ Quelque révoltante que soit une telle proposition, quelque impossible qu’elle nous semble, dans l’état de nos mœurs, elle fut cependant faite, en séance, par des courtisans envieux de la gloire étrangère, et jaloux de montrer au Souverain leur dévouement aux rancunes qu’ils lui supposaient. On voudrait pouvoir douter d’une telle infamie. Mais si Colomb eut la générosité de la passer sous silence , si son fils Fernando l’a tue avec charité , les plus grands historiens du Portugal eux-memes l’ont constatée, toutefois sans la flétrir de leur jugement.

Un chroniqueur espagnol, Yasconcelos , biographe du roi Joam II, résume naïvement cette séance du Conseil royal : « Dans ces doutes, le Roi voulut entendre ceux du Conseil, pour arrêter le parti à prendre. Quelques discoureurs ignorants en géographie, confondant la position des terres, affirmaient que les pays découverts par Colomb appartenaient au Portugal, et opinaient pour que Colomb fût tué avant de retourner en Castille C sans quoi ill'ésulterait de graves inconvénients de l’exécution de son entreprise. Ils jugeaient qu’en pareille occurrence, l’utile l’emportait sur l’honnête; d’ailleurs, tout bien considéré, ne meritait“il pas le dernier châtiment, cet homme qui avait osé se jouer d’un si grand prince ? »

On savait combien le Roi avait désiré entreprendre cette découverte, quelles démarches il avait fait faire auprès de Colomb, a qui de sa main il avait écrit en Espagne ; on se souvenait de sa colère, quand il sut son traité avec la Castille, et des ordres donnés aux gouverneurs des îles et

‘ « Que muriesse Colon antes que passasse a Caslilla... » — Vasconcelos, Vida y acciones del rcy don Juan el II, Ll». Vi, fo!. Î93, 294.

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