RETOUR DE DIEGO MARQUEZ
tuaient pour leur repas. Les Cannibales les traitaient 3omme des chapons atin de les mieux engraisser et de leur donner meilleur goût L Ils ne conservaient que les 3nfants dont la mère était née dans leur île.
Plus de vingt femmes captives suivirent les Espagnols i leurs vaisseaux. Trois jeunes entants vinrent aussi se •éfugier auprès d’eux. Ces malheureux avaient tous trois lubi la mutilation. A diverse^ reprises des captives vin- “ent demander aux Espagnols de les emmener. Colomh, iprès les avoir parées de grelots et de verroteries, les lit emettre à terre contre leur gré. Il pensait que l’aspect le ces ornements déciderait quelques insulaires à venir ecevoir de tels présents. Mais le lendemain, quand les aarins descendirent à terre pour renouveler leur eau, ces irisonnières accoururent tendant vers eux leurs hras déouillés. Leurs maîtres leur avaient arraché brutalement es parures. Elles supplièrent ces étrangers de les enmener^ imant mieux s’abandonner à des inconnus, que de rester Dumises à la cruauté des Caraïbes.
Au moment où la flotte, après huit jours d’attente, allit lever les ancres, on aperçut Diego Marquez et ses ampagnons amenant avec eux dix femmes ou enfants, s étaient exténués et dans un délabrement piteux. Les lalheureux avaient supporté d’horribles souffrances, agravées par la crainte d’être abandonnés. Vainement 5péraient-ils s’orienter en montant sur les arbres, l’abonince des lianes et l’épaisseur du feuillage ne leur avaient mais permis de distinguer une étoile. Malgré l’intérêt î cette situation et la commune joie qu’inspirait leur ïtour, l’Amiral, pour faire un exemple, eut la fermeté î mettre aux arrêts le capitaine, et de priver d’une ra-
^ Pétri Martyris Anglerii, medioianensis, Oceaneæ Decadis primæ^ er secundus.
MONTSËnUAT ËT ANTIGOA*
lion les huit liommcs qui avaient débarqué sans pennissioti*
On mit à la voile aussitôt.
Le lendemain, à midi, l’on côtoyait une île assez haute^ ])ittores([uement dessinée, pleine de fraîcheur et d’harmonies; l’Amiral l’appela Montserrat^ en l’honneur du sanctuaire célèbre de la Yierge, à l’ermitage de ce nom. Mais aucune trace de culture ou de population ne se voyait sur les bords. Les utias, les agoutis, les perroquets et les iguanes en étaient les seuls habitants. Abusant de sa proximité, les Cannibales de la Guadeloupe l’avaient dépeuplée jusqu’à extinction. La race humaine avait disparu de cette île. (( Les Caraïbes en avaient mangé tous les habitants \ ))
Colomb la contemplant avec tristesse passa outre sans s’y arrêter.
Le soir, une autre île se découvrit. L’Amiral la plaçant encore sous le patronage de la sainte Vierge, la nomma Sainte-Marie de la Rotonde.
Le lendemain matin une nouvelle île de belle apparence se dessinait à l’horizon. L’ Amiral- la mit aussi sous la protection de la Vierge et lui imposa le nom Sainte- Marie T ancienne^ qu’elle garde encore sous rabréviation d’Antigoa.
Le jour suivant, ils abordèrent une île où s’apercevaient des villages et des cultures, « quoique l’Amiral ne l’eût jamais parcourue, il s’y dirigeait fort bien )) dit le médecin en chef, frappé de cette étonnante précision de coup d’œil même en des choses inconnues. Sur son indication l’on atteignit l’habitation d’une peuplade qui s’enfuit. On ne put saisir que six femmes et quelques enfants également enlevés des îles voisines.
1 Fernando Colomb, Bntoïre de l’Amiral^ chap. xlytt,
* Docteur Chanca, Lettre à MM, de la municipalité de Séville»