‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 224 sur 316 · DISPARUTION DE GUACANAGARI ET DE SES SUJETS · texte numérisé non relu

DISPARUTION DE GUACANAGARI ET DE SES SUJETS

Quand il fit jour, l’Amiral envoya demander à Guacanagari la remise des fugitives. L’officier chargé du message ne trouva plus ni le Cacique ni ses sujets-, la résidence était déserte et silencieuse. La population avait fui emportant tout ce qu’elle possédait : les provisions, le mobilier, les ustensiles. Cette désertion acheva de confirmer les soupçons sur la complicité de Guacanagari h Colomb seul s’abstint de le condamner.

Le président de la Commission topographique annonça qu’elle avgit découvert un port très-convenable. Pendant qu’on s’y dirigeait, le temps changea, devint contraire; on avait vent debout. Il en coûta beaucoup plus de fatigues pour faire trente lieues on arrière, qu’on en avait eu pour arriver d’Espagne. Toutefois cette contrariété eut ses avantages. On fut contraint de s’arrêter sur une côte trèspoissonneuse, pourvue d’un excellent port, près de deux rivières dont l’eau légère et limpide baignait un sol inépuisablement fécond. A un trait d’arbalète abondaient les pierres propres à la construction. Ce plateau s’adossait à une épaisse forêt, et trouvait dans un groupe de rochers qui dominait le port une fortification naturelle aisée à rendre imprenable. On décida de ne pas aller plus loin. Le docteur Cbanca jugeait <( ce lieu le mieux situé du monde, » et pensait que la Providence y avait conduit la flotte cherchant un refuge contre le mauvais temps.

C’est là que dans les derniers jours de décembre débarquèrent enfin les hommes et les animaux, également fatigués d’une navigation de près de trois mois, pendant

* « Fuisse iiostros cjus consensu interemptos suspicionem adauxit. »

■ — Pétri Martyris Aiiglciii, Oceaneæ Decadis prïrnæ, lib, II.

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