COLOMB FONDE UNE VILLE
laquelle ils avaient également été soumis à une ration exiguë la prudence l’exigeant ainsi, afin de parer aux éventualités qui retarderaient le débarquement. Ce fut avec d’inexprimables délices que la plupart des Espagnols, etrangers a la mer, prirent possession de la verdure, des ombrages odorants et des fruits inconnus de cette contrée, ou sous un feuillage toujours vert les oiseaux faisaient leurs nids comme au printemps dans notre Europe.
On renferma les provisions, les munitions et les ba-^ages dans des maisons de bois qui furent promptement élevées.
Immédiatement, Colomb ayant fait tirer les alignements et determme les proportions convenables, posa, au nom e a tres-smnte Trinité, la première pierre de la Cité nouvelle qu il décora du nom tant aimé d’Isabelle.
Dans sa pensée le service de Dieu passant avant tout autre, le premier édifice auquel on mit la main fut l’Église. On en poussa la construction avec une telle activité que le b janvier, anniversaire de l’entrée des Rois à Grenade la grand’messe y fut solennellement célébrée par le vicaire apostolique, assisté du Père Juan Ferez de Marcbena et des douze religieux qu’avait amenés le Père Boïl.
Trois batiments publics seulement furent construits en pierres. Les maisons des particuliers étaient faites de bois c e terre et de chaux. La plupart n’étaient que des barraques en lois. Chacun se prêtait à s’assurer une demeure en propre; de sorte qu’en peu de semaines la Cité d’Isabelle prit l’aspect d’une petite ville. En môme temps ou .emait autour de l’habitation des légumes , des céréales |ui poussaient avec une étonnante promptitude. Les Inliens, que rassurait la présence affable de l’Amiral, s’em- )ressaient d’aider les Espagnols dans leurs travaux, et se
rouvaient magnifiquement payés par quelques bagatelles i Jburope.
450 LA VILLE d’ISABELLE.
Afin de hâter l’achèvement d’Isabelle, la premièrè Cité des Castillans dans le Nouveau Monde, Colomb se multipliait^ était partout à la fois. Cette fatigue incessante mina ses forces -, il tomba malade, sans que son esprit perdît rien de son activité. Tandis qu’il veillait à la fondation de la colonie , il s’enquérait des moyens de la conduire à sa prospérité. Il interrogeait fréquemment les naturels sur l’intérieur de l’île, et envoyait une caravelle en faire le tour avec le relèvement des côtes. Il s’assurait que l’Isabelle était le débouché naturel des mines d’or de Cibao, situées à trois journées de marche. La joie de cette nouvelle fut amoindrie par l’invasion d’une maladie quasi épidémique sous laquelle s’affaissa le courage des plus hardis chevaliers de l’expédition.