‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 231 sur 316 · LE FORT SAINT THOMAS · texte numérisé non relu

LE FORT SAINT THOMAS

tation devenait moins abondante. Sur les marges verdoyantes des ruisseaux et des rivières on n’apercevait guère que des pins et des palmistes -, ailleurs le sol raboteux n’offrait plus que des ondulations pénibles entrecoupées de rochers. Cependant les Espagnols les considéraient avec joie, parce qu’au fond de tous les ruisseaux ils remarquaient des parcelles d’or décelant le voisinage des mines.

Sur sa route, l’Amiral trouva des plantes inconnues, recueillit de l’ambre, de l’azur et découvrit une veine métallifère annonçant la présence du cuivre. Il résolut de ne pas pousser plus loin l’excursion, mais d’en assurer d’abord les résultats par une forteresse qui protégerait les communications entre les montagnes de Cibao et le port de l’Isabelle. Il choisit un emplacement avantageux sur un plateau de rochers dont l’ Yaque aux eaux pures et fraîches formait presque la ceinture, et la défense naturelle. Son lit coulait sur des veines de marbre, de jaspe et de pierres curieuses. L’air était salubre. Ingénieur né, l’Amiral improvisa une forteresse en ce lieu. Du haut des remparts formés dehois et de terre, la vue parcourait une délicieuse savane. 11 nomma ce fort Saint-Thomas, à cause de l’incrédulité des Espagnols au sujet de l’or jusqu’à ce qu’ils l’eussent recueilli eux-mêmes au fond des rivières.

Colomb, après avoir fait le tracé de la route qui joindrait l’Isabelle au fort Saint-Thomas, installa dans cette place cinquante-six hommes d’élite et quelques chevaux sous le commandement de Pedro Margarit, chevalier de Saint- Jacques, père de famille, sans fortune, qu’il avait recommandé aux Rois ^ circonstance à noter, car cet officier ingrat et rebelle devint ensuite une des principales causes des malheurs de la Colonie et des embarras de l’Amiral,

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