CHAPITRE IV
Division territoriale d’Hispaniola entre les Caciques. — Colomb, se préparant à de
nouvelles découvertes, institue un Conseil de gouvernement. — Il part avec
trois caravelles. — Il reconnaît la côte sud-ouest de Cuba. — -Il découvre la Ja-
maïque. — Retour à Cuba pour savoir si cette terre est une île ou contiuent. — Découverte de l’archipel des Jardins de la Reine. — Bonheur , dangers et
fatigues de cette navigation. — Colomb se dirige sur les îles des Caraïbes, voulant fouiller les repaires des Cannibales et détruire leur marine et leurs chantiers pour les empêcher d’aller dévaster les peuplades pacifiques. — Frappe tout
à coup de léthargie, il est ramené comme mort à Tlsabelle. — Arrangement entre la Castille et le Portugal. — Traité de Tordésillas.
Afin de suivre aisément les premiers pas des Castillans et les opérations de TAmiral à l’Espagnole, indiquons brièvement sa division politique et territoriale.
Cinq Rois ou grands Caciques ayant chacun sous ses ordres un certain nombre de Seigneurs ou Caciques subalternes, sorte de grands vassaux, régnaient sur file d’Haïti, que l’Amiral nomma l’île Espagnole. Ces cinq Rois étaient Guarionex, Caonabo, Rehechio, Guacanagari et Guayacoa.
Guarionex, issu de la race la plus illustre, avait pour États toute la partie nord-est de l’île dans laquelle était comprise la magnifique plaine, en partie cultivée, qui fut appelée la Vega real : c’était sur son propre territoire que, sans lui demander permission, l’on avait bâti l’Isabelle.
Guacanagari régnait au nord-est, depuis l’Artibonite jusqu’au delà de Monte-Christo.
LES CINQ CACIQUES D’hISPANIOLA,
Guayacoa occupait la partie orientale la plus exposée aux attaques des Caraïbes. Ses sujets , mieux armés que
le reste des indigènes , savaient se défendre courageusement.
Behechio possédait la partie la plus étendue de l’île, celle luide l'Artibonite s’allonge à l’ouest jusqu’au cap Tiburon, ;t renferme dans ses limites le lac salé de Xaragua, longemps sujet de mystérieux récits.
Caonabo, « le Seigneur de la maison d’or, m dominait ur la partie montagneuse , depuis les hauteurs de Cibao usqu’au littoral du midi. De race caraïbe, sa généalogie tait ignorée. Jete dans 1 île par hasard, un amour romalesque l’y avait fixé. Soldat parvenu, il s’était couronné ai-même. Ses talents militaires avaient assuré son pou-
oir. Les Rois ses voisins redoutaient son inimitié et echerchaient son alliance.
Au-dessous de lui, chacun de ces Rois ou Grands aciques comptait des Caciques secondaires, qui étaient ouverains de fait dans leur district particulier. Sauf les euplades de l’Est, exposées aux incursions des Caraïbes : les tribus du Roi guerrier Caonabo, les indigènes étaient un naturel doux et timide. La beauté du climat, la facile de vivre sans travail, une apathie héréditaire, une •gue propension à la rêverie, leur rendaient insupporble toute fatigue corporelle; d’autant plus que leur ré-
me, presque exclusivement végétal, ne leur permettait lere des labeurs réguliers.
Apres avoir fortifié le commandant Pedro Margarit instructions admirables-, comprenant, prévoyant et con-
‘ Cette instruction, en tont point admirable, dont nous avons le texte ;ument précieux qui figure au n» lxx.i de la Coleccion diplomàtica cependant l'objet particulier des attaques de la philanthropie proies-
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