G8 COLOMB FORME UN CONSEIL DE GOUVERNEMENT
seillant tout : les lieux à parcourir, les remarques à faire, les moyens d’obtenir des vivres librement, de rendre la justice parmi les naturels, de s’attirer leur affection et de les amener au cbristianisme, l’Amiral pourvut à la sûreté de la ville restée sans garnison, et prépara la continuation de ses découvertes, ne voulant pas se laisser devancer par le Portugal. Il institua pour agir en son absence un conseil de gouvernement composé du Père Boïl, son détracteur, de Pedro Hernandez, d’Alonzo Sanchez ’de Carvajal, et de Juan de Luxan, sous la Présidence de son frère don Diego Colomb. Le choix du Père Boïl n’étonnera point, si l’on se rappelle que jamais l’Amiral ne se vengea d’un outrage^ qu’il considérait avant tout le bien public ^ et que malgré son dissentiment avec le vicaire apostolique, il honorait en lui son caractère officiel^ d’ailleurs il ne pouvait méconnaître sa capacité , et peut-être était-il habile de lui donner dans ces circonstances une participation officielle aux affaires de la Colonie,
L’Amiral choisit parmi les cinq navires restés au port de l’Isabelle, les trois caravelles du moindre tirant d’eau. C’étaient la Niha^ le San- Juan ^ la Cardera^ montés par des équipages qui lui étaient connus. La Nina avait pour maître, Alonzo Medel, de Palos. Ses pilotes, ses matelots, jusqu’aux mousses étaient de Palos ou des environs. La Cardera appartenait à un homme de Palos : Cristobal Perez Nino. Le San- Juan avait à la vérité pour maître un marin de Malaga, Alonzo Perez Boldan, mais l’équipage était aussi formé de gens de Palos, de Moguer ou des alentours. Tous ces marins connaissaient de longue date le Gardien de la Rabida. Ils avaient assisté au débarque-
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^ent triomphal tle Colomb et le suivaient avec confiance à la découverte.
L’Amiral mit son pavillon à bord de la JVma, ce petit navire qui Favait ramené en Europe, et changeant son nom, il 1 appela la Santa-Clara^ en souvenir de la première fille del Ordre Séraphique. Il menait un état-major peu nombreux, mais choisi : l’astronome Fr. Juan Ferez deMarchena^ le médecin en chef docteur Cbanca^ un père de la Merci qu’il installa comme aumônier du bord; le pilote géographe, Juan de la Cosa, le pilote Francisco Nino, le notaire royal Fernando Ferez de Luna, Ximenez Roldan, et le fidèle écuyer Diego Mendez. Outre les gens de sa maison, il comptait avec la maistrance, composée d intrépides marins , douze matelots de première classe.
Le 24 avril FAmiral sortit du port de l’Isabelle et se dirigea vers Fouest. Il laissa tomber Fancre devant les possessions de Guacanagari, pensant que le Cacique viendrait le trouver et renouer leurs anciens rapports. Il le souhaitait d’autant plus que sa munificence hospitalière pouvait être d’un grand secours aux colons menacés de pénurie; mais à la vue des caravelles, Guacanagari s’était enfoncé dans les forêts. Cet éloignement vint de nouveau confirmer la prévention répandue contre lui. Fourtant 1 Amiral ne le condamna pas encore. Le Cacique avait peut-être craint qu’on ne lui disputât le trésor de son cœur, cette fière Catalina dont les Espagnols avaient euxmême remarqué la sauvage élégance; et il l’était allé cacher dans la profondeur de ses bois.
L’Amiral remit à la voile le lendemain, par des vents variables. Enfin, après quatre jours d’habiles manœuvres, il doubla le cap que dans son premier voyage il avait nommé Alpha et Oméga. On l’appelle aujourd’hui Maysi.