‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 235 sur 316 · COLOMB RECONNAIT LA COTE SUD-OUEST · texte numérisé non relu

COLOMB RECONNAIT LA COTE SUD-OUEST

Ensuite, gouvernant au sud, il pénétra dans le havre admirablement sûr et spacieux de Guantanamo. Ayant pris terre avec l’état-major et l’interprète Diego Colomb , ils tombèrent au milieu des apprêts d’un copieux festin, devant des feux abandonnés ^ là il y avait abondance de poissons, d’utias et d’iguanes. Les Espagnols se réjouirent de l’à-propos. Ils firent provision de vivres frais. Les indigènes s’étaient cachés à leur approche. Enfin on en vit environ soixante-dix en observation sur un monticule^ à force de signes bienveillants on décida l’un d’eux à s’approcher. Comme l’idiome lucayen était mieux compris sur cette côte qu’à Hispaniola, il fut aisé de le rassurer. Bientôt ses compatriotes accoururent empressés et curieux. Ils préparaient pour leur Cacique le premier service d’un repas qu’il devait donner à l’un de ses voisins, et faisaient cuire le poisson afin de le préserver de la corruption pendant la route. Ils prirent gaiement leur parti du pillage de ces vivres, disant que la pêche de la nuit prochaine rétablirait les choses*, mais Colomb ne voulant pas profiter gratuitement de leur peine, leur distribua quelques petits objets d’Europe qui les comblèrent de joie. En se quittant les matelots et les indigènes échangèrent des poignées de main L

Le lendemain l’Amiral continua sur l’ouest en vue des côtes qu’il observait attentivement. Ses navires étaient suivis d’un nombre infinis d’indiens en canots qui venaient leur faire offrande de fruits, de pain de cassave, de poissons et de calebasses pleines d’une eau excellente. Comme les autres insulaires, ils les croyaient descendus du ciel. L’Amiral leur distribua des grelots, des clochettes, qu’ils estimaient d’un prix indicible. A ses ques-

1 « Ita clextris in amicitiam jiinctis, ad sua qiiisque proficiscitur. » — Pétri Martyris Anglerii, Oceancœ DccncHs, liber tertiiis, fol. 8.

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