IL EN EST SUDITEMENT EMPÊCHÉ
leurs lies et à les cultiver, au lieu d’y transporter, pour Fy engraisser, un bétail d’iiommcs.
Après avoir essuyé de nouvelles tempêtes, le 24 septembre, FAmiral reconnut le cap le plus oriental de l’Espagnole et lui donna le nom de l’archange llapbael. Malgré le délabrement des caravelles , la mer s’éUuil radoucie'^ il se dirigeait sur les Caraïbes, dont il lui tardait d’abolir 1 empile. Mais Dieu, sans doute, ne voulait pas ipie son serviteur, messager de la paix, la douce colombe, emblème de la régénération spirituelle, accomplît une mission de châtiment et de punition vengeresse. Dès iju’ils eui'ent dépassé 1 île Mona, portes par un vent favorable vers les repaires des cannibales, la puissance invisible qui l’avait jusque-là soutenu lui lut soudain retirée. Alors Colomb, abandonne aux lois de la nature, en subit les conditions.
il y avait, ce jour-là môme, cinq mois révolus qu’il était parti d’Hispaniola.
Pendant cent cinquante jours consécutifs, son interrogation de la Nature, son investigation des eaux, de l’air, du sol , sa contemplation des œuvres de Dieu, ses rapides élans vers 1 Auteur de ces merveilles, ses tentatives ^lour pénetier les secrets de ce monde, les efforts de son intelligence pour résoudre les interprétations contradictoires des indigènes et atteindre quelijue vérité géographique, sa lutte prolongée contre les éléments, entretenant son àme, son esprit, son corps dans une triple activité, avaient éiiuisé ses forces. Le sentiment de sa responsaliilité, la nécessité de diriger constamment lui-même cette dillicultueuse navigation, dont une partie ne fut qu’un long sauvetage, 1 avaient emporté sur les besoins de son âge, ses douleurs, fruits de ses labeurs maritimes, le manque de nourriture, la privation absolue de sommeil. Lesdillicultcs semblaient, ainsi que les périls, raviver son énergie. Mais à