‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 250 sur 316 · BARTHÉLEMY COLOMB · texte numérisé non relu

BARTHÉLEMY COLOMB

cetlo' consolante surprise à son serviteur. Il trouvait dans ses deux frères un appui fidèle au moment où la fatigue, les trahisons, les inimitiés librement fomentées pendant son absence lui rendaient si nécessaire leur dévouement.

Nous l’avons dit et nous aurons occasion de le répéter encore : dans la vi^ prodigieuse de Christopbe Colomb, tout est exemple et enseignement^ les incidents qui s’y rattachent, hommes et choses, portent aussi leur instruction. Son histoire est l’abrégé de l’humanité entière. Si le tableau de la famille du vieux cardeur génois est un modèle à proposer à tout ménage d’ouvriers, l’image de l’union fraternelle , qui lia l’un à l’autre ses trois fils par des liens inaltérables pendant toute leur vie, n’est pas moins bienfaisante au cœur.

Comme à partir de ce moment les deux frères de Christophe Colomb occupèrent un rôle considérable dans les événements de la colonie, et qu’ils participèrent à la vie politique de l’Amiral, il n’est pas sans intérêt de savoir tout d’abord quels étaient les deux auxiliaires qu’envoyait la Providence à son Messager.

Barthélemy Colomb était parti de Lisbonne dans l’année 1485 pour aller, de la part de son frère, proposer au Roi d’Angleterre la Découverte qu’avait refusé d’entreprendre le Portugal. Le navire qu’il montait fut pris par des pirates, qui dépouillèrent complètement Barthélemy, l’emmenèrent et l’abandonnèrent sur un rivage inconnu. Il lui avait fallu toute son énergie pour sortir de la misère où longtemps il languit, parvenir à refaire sa garde-robe, et accomplir son voyage. Il consuma plusieurs années dans un labeur ingrat, en fabricant des sphères et des cartes pour les marins, avant que de se trouver en état d’atteindre les côtes d’Angleterre. Là, il dut apprendre d’abord la langue du pays, chercher à se créer des moyens d’existence, se

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