LES DEUX PÈRES BOÏL
^ jsqu’à ce jour tenu dans l’obscurité même pour les .pagnols. Nous le ferons, en peu de lignes, pour ne pas ralentir le cours du récit.
Tl résulte unanimement des documents et des histoires que le Père Bernard Boïl, Catalan, moine bénédictin, est allé aux Indes en qualité de vicaire apostolique. Ceci est un fait patent, authentique, indubitable, et que nous reconnaissons pleinement. Néanmoins, ce n’était point ce religieux qu’avait nommé le Saint-Siège. Ce fut avec une légèreté coupable et d’une façon quasi frauduleuse qu’à son propre insu, sans nul doute, le Père Boïl se trouva saisi du titre qui ne lui était pas destiné.
Le roi Ferdinand avait en effet, par son ambassadeur, fait présenter à la nomination du Saint-Père, en qualité de vicaire apostolique des Indes, le Père Bernard BoïP, bénédictin, fort connu de ses ministres et familier de la cour d’Aragon. Mais sachant l’attachement de Christophe Colomb à l’Ordre Séraphique, la participation des Franciscains à la Découverte, le Chef de l’Église réservait cet honneur à l’humilité d’un disciple de saint François; et il nomma spontanément par bref du 7 juillet 1493, comme vicaire apostolique aux Indes, le « frère Bernard Boyl, [)rovincial des Franciscains en Espagne^. » D’ailleurs, pour la première mission dans le Nouveau Monde , il
^ Par scrupule d’exactitude, nous devons dire qu’à la cour son nom s’écrivait alors Buil; mais comme la plupart des historiens royaux l’ont écrit ^0^7, nous avons dù suivre leur orthographe. — Les Rois catholiques lui écrivaient ainsi : <i Devoto Fi'ay Buil. »
2 Voici textuellement l’adresse de la Bulle : Dilecto fiUo Bernardo Boyl fratri ordinis minorum, Vicario dicti ordinis in Hispanianim regnis. — Copie collationnée, prise sur le registre autographe des lettres apostoliques, en l’année du pontificat d’Alexandre VI, page 122. Tirée des archives secrètes du Vatican, et certifiée le 7 février 1851 par le Préfet de la Vaticane.