SUBSTITUTION COUPABLE
était surtout besoin d’ardente prédication, de charité active, et non pas seulement d’offîces de chœur, de travaux d’érudition ou de finesse de protocoles.
Lorsque l’ampliation de la Bulle arriva en Castille, le Roi pensa qu’il y avait eu à Rome erreur dans la désignation de la personne, a cause de la similitude du nom ^ que le Pape avait désigné le frère Boyl en voulant nommer le frère Bernard Boïl ; et que c’était peut-être une simple inadvertance de chancellerie dans la suscription de la Bulle. D’autant mieux que le nom du titulaire n’était que sur la marge, c’est-à-dire l’adresse de la Bulle, et non dans le corps de la lettre. Cependant l’affaire pressant, on ne crut pas devoir retarder le départ de la flotte pour si peu, ni ajourner l’envoi des missionnaires avant d avoir éclairci ce malentendu. En conséquence, comme si de rien n’était, le Père Boïl, bénédictin, présenté par le Roi, son protecteur personnel, à l’agrément du Saint- Siege, reçut avis de 1 arrivée de la Bulle’. Néanmoins, pour épargner un embarras à ses scrupules, l’original de l’ampliation, où se lisait la vraie suscription, ne lui fut pas expédié. Sous le singulier prétexte qu’il ne fallait pas 1 exposer aux accidents des routes on le retint au secrétariat de la chambre royale. Nous devons ajouter que depuis longtemps une main prudente a su faire disparaître des archives de la Castille ce document si important. Il n’a pu faire partie de la collection diplomatique publiée par ordre de la Couronne d’Espagne. On ne l’a pas trouvé
* Lettres du 25 juillet et du 4 août 1493. — Coleccion diplom^tica, LU, Lx.
^ « El traslado délia autorizado vos enviamos, como vereis : la original queda acé por algun peligro que podria haber en el camino. * —
gïstrado en el archivo de Indias en Sevilla, — Coleccion diplomâtica, n® LU.