MARINUS MARINI
Tabularior S, R. E. Prœfectus,
DÉFECTION DU 1>. DüÏL ET DE PEDRO MARGARIT. 5l3
S il fût resto ponotrc do l esprit de su règle, livré à hi priere et a 1 étude, ce bénédictin aurait pu édilier sa communauté, tout en servantrEspagnede son habiletédiploma-
tique; mais, uniquement investi de par le lloid’un mandat spirituel, usurpant, quoiqu a son insu, des pouvoirs qu’avait destinés à l’ordre de Saint- François le souverain Pontife, il n’en reçut point l’assistance invisible qui les eut fécondés; il n’en posséda point remcacité, la puissance. Au contraire, dans ces illégitimes attributions, sortant de sa vocation et de son caractère propre, n’étant pas là où l’Église voulait qu’il fût, il défaillit et tomba au-dessous de lui-môme. Tandis que son titre de Vicaire apostolique l’obligeait à l’exemple du courage, ded’abnégation, de la tendre charité et de la constance dans les épreuves, il se montra tiède et lâche; missionnaire sans vertu; prêtre sans dignité; citoyen sans obéissance; il fit déshonneur a son Ordre, devint l’écho des médisances, le œnseiller des conspirateurs ; et enfin joignit honteusement a la défection civile la désertion religieuse.
Le complice du Père Boïl, le commandant Pedro Margaiit en abandonnant son poste, n’avait pas même pris la peine de déléguer ses pouvoirs à l’un de ses officiers. Les soldats se trouvant laissés à leur propre conseil^ se débandèrent, s’en allant par troupes de divers côtés, multipliant les avanies dont ils accablaient les Indiens. Jusque-là les indigènes s’étaient soumis à la force. Mais quand par cette division les Espagnols se furent affaiblis, ils songèrent à recommencer les sanglantes scènes du fortin. A l’exception de Guacanagari qui, toujours retenu par son dévouement pour Colomb, souffrait et faisait soulfrir à ses sujets l’entretien ruineux de cent soldats impudemment domiciliés dans ses domaines parce qu’ils s’y trouvaient bien, les Caciques s’indignèrent