LA REINE FAIT PRÉPARER DES SECOURS
Malgré l’instinctive foi d’Isabelle dans l’excellence de Colomb, le nombre et Tunanimité des accusations qui arrivaient contre lui aux pieds de son trône ne pouvaient manquer d’ébranler un peu sa confiance. Tout en faisant la part de l’orgueil blessé et de ses exagérations, ce concert de plaintes révélait nécessairement quelque faute dans l’administration de l’Amiral. Voulant secourir sans retard les malades, et ne pas abandonner les premiers germes de la colonie le 7 avril, la Reine prescrivit à l’Ordonnateur général de la marine d’expédier, sous le plus bref délai, quatre caravelles à Hispaniola.
Deux jours après, elle passa, avec ce Juanoto Berardi dont Améric Yespuce était le premier commis, un contrat de nolis pour le fret de douze navires complètement armés et approvisionnés, en destination d’Hispaniola. En même temps elle écrivait à l’Ordonnateur général de la marine, pour que le commandeur Diego Carillo partît et avisât à l’Administration de l’île, durant l’absence de l’Amiral dont le long silence faisait craindre qu’il n’eùt péri dans son voyage d’exploration
Par suite de la fâcheuse impression produite à la Cour contre l’Amiral, on accueillit, en dérogation de ses droits et de ses privilèges, les propositions de quelques pilotes ([ui avaient navigué sous lui dans son premier voyage. Ils olïraient d’entreprendre des découvertes pour la couronne, sans aucune indemnité de sa part, à leurs risqueset dépens personnels ^ Fonseca appuyait cette proposition. '
* Cédula de siete de abril 1496. — Coleccion diplomâtica, n® lxxxii.
2 (c Porquetemiendo que algo ha Dios dispuesto dcl Almirante de las Indiaâ en el camino que fue... » — Cédula à D. Juan de Fonseca^
9 de abril de 1496. — Documentos diploniaticos, n® lxxxv.
^ Real Provision de 10 de abril 1496. Fegislradd en el Sello dc Ç^rle en Simancas,
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AliltlVÉE DK DON j„k(;o COLOMK. 533
Sur ces entrefaites arrivèrent les caiavelles commandées par Torrez. Don Diego Colomb en débarqua avec des echantdlons d or, des objets inconnus; il lui fut aisé de confirmer la Reine dans ses dispositions naturelles pour lAmira . Cependant telle avait été la clameur poussée contre le Vice-Roi des Indes, ip, 'Isabelle voulut pl-udcmmen t s enquenr de la cause de cette animadversion . A u lieu d un juge instructeur elle eut l’attention de cboisir, pour lui faire un rapport sur les faits incriminés, un homme de sa maison , Juan Aguado , intendant de la chapelle ' royale, qui était allé à Hispaniola, et se trouvait l’obliaé de Colomb, puisque l’Amiral l’avait recommandé à la Reine a son retour en Castille. En raison de ces circonstances, Isabelle avait lieu de penser que ce choix serait moins nue tout autre désagréable au Vice-Roi des Indes Elle écrivit en conséquence le 12 avril à l’Ordonnateur de la marine pour le prévenir de la nomination d’Aguado, qui prendrait le commandement des quatre caravelles destinées à IJispaniola. Comme les navires ramenés par Torres contenaient un assez grand nombre de prisonniers indiens rebelles pris les armes à la main. Don Juan de Eoiiseca reçut ordre de les faire vendre en Andalousie, où l’on en tirerait un meilleur parti que dans les autres provinces de la Castille. En même temps on lui prescrivait de faire partir pour la Cour, Reniai Diaz de Dise, auteur des premiers troubles d’Hispaniola.
Néanmoins, malgré l’expédition de l’ordonnance qui eterminait la vente des prisonniers, suivant l’usage alors pratiqué cà l’égard des infidèles et des idolâtres, un scrupule s’éleva dans l’âme d’Isabelle. L’entreprise des Découvertes ayant pour premier objet la convcr.sion des nations rjui ignoraient le Christ, la Reine se demanda si elle ne devait pas traiter ces peuples coinmc de futurs enfants
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