‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 286 sur 316 · CULTE DES INDIGÈNES · texte numérisé non relu

CULTE DES INDIGÈNES

n’étaient guère que l’équivalent des fétiches des nègres et des manitoux des peaux rouges. Les prêtres ou Bohutis ne constituaient pas une corporation à part; iis n’avaient ni dotation, ni privilèges héréditaires; ils ne dominaient pas les Caciques; et, de leur côté , les Caciques ne cherchaient point à éhranler leur crédit sur la superstition. Pour déposséder cette religion dépourvue de dogmes formulés, de symboles, ne tenant au sol par aucune racine de la tradition, il eût sulE de la douceur et de la charité de l’Évangile. Malheureusement les violences et les vices des Espagnols altéraient chez ces peuples la juste notion du catholicisme ; et, confondant la religion avec 1 homme, ils rendaient le christianisme responsable des crimes de leurs oppresseurs.

A la fin de février, les deux Caravelles furent en état de tenir la mer^ on procéda à l’embarquement. Les malades , les mécontents , les Hidalgos désenchantés , au nombre de deux cent vingt-cinq, et trente-deux Indiens, parmi lesquels on remarquait le fier Caonabo, avec un de ses frères, son fils et son neveu furent répartis entre les deux Caravelles. Aguado monta sur le navire neuf, et Colomb sur la pauvre, mais fidèle Santa-Clara,

Le 10 mars 1496, les deux navires quittèrent le port et s’avancèrent à Test pour essayer une nouvelle route. L’expérience des vents qui régnent dans ces parages n’était pas faite encore. On ne savait point alors qu’il fallait gouverner directement au nord, pour rencontrer les

^ « Entre elles â Caonabo, que muriô en el camino, â un hermano, un hijo y un sobrino del mismo cacique. » — Muùoz, Ilistona del Ndepo MundOf lib. V, § 38,

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