‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 290 sur 316 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Christoplie Colomb, dôgoûté du monde, revêt publiquement Pbabit des Franciscains.

— Sur l’invitation des Rois il se rend à la cour. — A son aspect la Reine oublie toutes les accusations portées contre lui. — Départ de l’infante dona Juana pour les Flandres. — Le lapidaire de Burqos. — Arrivée en Espagne de la princesse Marguerite. — Son mariage avec l’infant don Juan. — Mort imprévue du jeune Prince. — Douleur de la Reine Isabelle. — Mesures prises en faveur des colonies.

— Discrédit des Indes dans Fopinion publique. — On est réduit à recruter des colons dans les prisons et les bagnes. — Christophe Colomb refuse une principauté de douze cent cinquante lieues carrées avec le titre de Duc. — Il fonde un majorât. — Outrages concertés contre lui par ses ennemis au moment de son embarquement pour sa tfoisième expédition.

En entrant clans la baie de Cadix, Colomb aperçut trois navires avec pavillon de partance; ils étaient chargés de vivres et de munitions de guerre, s’apprêtant à appareiller ])our Ilispaniola sous le commandement de son ancien pilote. Per Alonzo Nifio, cjui remit aussitôt à l’Amiral les dépêches à son adresse. Après en avoir pris lecture, celuici crut devoir modifier un peu les instructions laissées à son frère don Barthélemy.

La flottille mit à la voile, et l’Amiral s’occupa du sort des malades et des pauvres cju’il ramenait. La paternelle sollicitude avec laiiuelle il n’avait cessé de les traiter durant la traversée, avait dessillé les yeux de ces pauvres gens. Ils s’étaient embarqués prévenus contre lui; iis arrivaient autant pénétrés de reconnaissance pour sa bonté.

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qu’indignésdes offenses dont le commissaire Aguado s’élait rendu coupable envers le Yice-Roi des Indes.

Colomb ne partit point immédiatement pour la Cour, comme on l’a dit d’après llerrera. L’Amiral, ayant informé les Rois de son arrivée, dut attendre leurs ordres. Ce ne fut qu’un mois après qu’ils lui écrivirent d’Almazan*. Leur message est daté du 12 juillet 149(3.

On voit qu Aguado avait eu tout le temps de communiquer à l’Ordonnateur général de la marine l’énorme dossier qu’il avait emporté d’IIispaniola, d’y ajouter de vive voix ses commentaires, et de faire circonvenir les Souverains. Il paraît que ses démarches ne furent pas infructueuses. Après avoir écouté maintes fois les plaintesduPère Roïl etde Pedro Margarit, la Reine avaitencore pu recueillir les témoignages hostiles du commandeur Arroyo, du commandeur Gallego, de Rodrigo Abarça, de Micer Girao et de Pedro Navarro, tous serviteurs de la maison Royale, auxquels, par conséquent, elle prêtait confiance.

Pendant le mois qui s’écoula entre l’arrivée de Colomb et la réponse des Rois, l’histoire perd de vue l’Amiral. On sait seulement que dégoûté des tromperies, des faiblesses de la Cour, ne comptant plus que sur Dieu, il aurait dès lors voulu se séparer du monde. Sans souci de l’opinion, il avait laissé pousser sa barbe, et portait extérieurement son cordon par-dessus la robe de Saint-François, un peu écourtée. Nous ne sommes nullement éloigné de croire qu’il ait eu la pensée de suivre à la Rabida son vénérable ami, le père Juan Perez de Marchena, qui retournait s’y ensevelir.

A partir de ce moment, il n’est plus question du pauvre moine, noble protecteur de Colomb. Après avoir pres-

* Goleccion diplomâtica. — Original en cl archivo del dugue de Ue* vaguas.

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