‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 292 sur 316 · COLOMB RE^^TBÉ EN GRACE · texte numérisé non relu

COLOMB RE^^TBÉ EN GRACE

Il ne fut pas plus question des dénonciations du Père Boil et de celles de Pedro Margarit, que des informations du commissaire royal Juan Aguado.

Colomb exposa dans sa réalité la situation de la colonie. Isabelle sut alors sous quelle dure loi il avait été contraint à ces mesures de salut que Pégoïsme et la vanité taxaient de rigueur cruelle. L’Amiral raconta aux Souverains ses découvertes de l’arcbipel des Caraïbes, de Cuba, de la Jamaïque ^ parla des mines de Cibao et des mines d’Hayna; donna des masques ornés d’or, des ceintures ornées d’or, des bourses remplies de grains d’or des mines de Cibao, et de grains gros comme des fèves, et d’autres même comme des noix qui provenaient des mines découvertes au moment de son départ. Il leur offrit aussi des objets inconnus en Europe : des pierres sacrées, des figurines, des armes, des instruments, des animaux, des plantes, des oiseaux qu’on n’avait point encore vus. Ces produits d’un sol nouveau cbarmèrent la Reine. Ferdinand fut beaucoup plus sensible aux fragments de minerai d’or. Ils remercièrent Colomb, le comblèrent de paroles gracieuses, et le traitèrent publiquement avec tout l’honneur possible, au grand désappointement de ses ennemis.

Si l’on ne savait la droiture de la Reine, incompatible avec toute dissimulation, on aurait une preuve irrécusable de sa sincérité dans la lettre pleine de bonté royale et de gratitude maternelle qu’elle écrivait à l’Amiral le 18 août, du port de Laredo, pour le remercier de son avis sur la route à tenir par la flotte qui portait en Flandre l’Infante doua Juana, fiancée à l’Arcbiduc Philippe d’Autriche. On ne saurait trouver dans une correspondance officielle des expressions plus flatteuses, moins recherchées et mieux senties. La Reine le remerciait doublement et pour la sagesse de son avis, toujours de si grands poids, et pour l’in-

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