‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 293 sur 316 · EMBARQUEMENT DE L’INFANTE · texte numérisé non relu

EMBARQUEMENT DE L’INFANTE

génieuse délicatesse de son attention, à laquelle s’ajoutait l'à-propos de l’arrivée de sa lettre, au moment du départ. Isabelle reconnaissait dans cette circonstance ce zèle et cette affection qu il avait toujours montrés dans toutes les choses de son service', et le priait de croire qu’elle recevait ce témoignage comme d’un très-intime et très-léal serviteur à elle.

Après avoir assisté à l’embarquement de sa fille, la Reine ne pouvait se résoudre à s’en séparer. Elle resta deux jours et deux nuits avec elle à bord du vaisseau Amiral^. Elle lui avait forme un cortège choisi dans la noblesse des deux royaumes de Castille et d’Aragon. La flotte composée de cent trente voiles, sous les ordres du grand Amiral de Castille, don Frédéric Henriquez, portait une armée d’environ vingt mille hommes. Le 22 août elle appareilla par un bon vent, et quand elle eut disparu dans l’espace, la Reine bien triste revint à Burgos, s’occuper d’autres préparatifs pour recevoir la princesse Marguerite, fille de l’empereur Maximilien III, qui venait épouser le Prince Royal, l’Infant don Juan. Cette flotte magnifique devait l’amener à son retour. On fit d’avance des dispositions splendides.

§ II

Au milieu de tant de préoccupations maternelles, Colomb ne pouvait, sous peine de messéante importunité, presser la Reine d’ordonner immédiatement un troisième voyage de découvertes. Il lui fallait, comme à l’époque de sa première expédition, attendre silencieusement et

* Carta de la Reina catôlica al almirante D. Cristobal Colon, — - Archiv. de Simanc., lib. gen. de la Câmara de 149G.

^ Ferreras, Hisloire générale d’Espagne, tom. VIII, p. 17 3, in-4.

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