‹ Christophe Colomb (volume 5)Chapitre 294 sur 316 · LE LAPIDAIRE JAIME FERRER · texte numérisé non relu

LE LAPIDAIRE JAIME FERRER

contenir de nouveau sa légitime impatience. Pendant V inaction forcée de son séjour à Burgos, l’Amiral ne put manquer de se trouver en relation promptement intime avec un homme de cette ville, déjà devenu son correspondant sur l’invitation d’Isabelle, avant son retour de l’Espagnole ^ mais qu’il ne connaissait encore que par sa renommée.

Ce personnage que la Reine invitait à la cour, que le Grand Cardinal d’Espagne honorait du titre d’ami, était un marchand joaillier ayant comptoir en plusieurs lieux et riche boutique à Burgos : il s’appelait Jaime Ferrer, Ses relations illustres en maints pays, ses faciles entrées partout, sa modestie mêlée d’assurance, sa façon de traiter les gens et les alfaires prouvent qu’outre son mérite per- , sonnet il était de condition C et tirait quelque lustre de sa parenté avec son homonyme Jaime Ferrer, l’ancien cosmographe. Si ce marchand joaillier n’avait pas ete le plus honnête et le plus fin des lapidaires, il aurait encore pu se recommander diversement à l’attention comme observateur, voyageur, polyglotte, mathématicien, astronome, cosmographe, métallurgiste, érudit, philosophe, poète et presque théologien. Nous pouvons même ajouter : libre penseur, dans toute l’acception catholique du mot.

Jaime Ferrer, à tort mis en oubli par les historiens de Colomb, offrait en dehors des grands seigneurs et des hautes notabilités politiques, l’une des individualités contemporaines les plus remarquables de l’Espagne. Souvent porté par ses affaires à Gênes, a Venise, dans les Échelles du Levant, en Égypte, en Palestine, en Syrie; fréquentant les bazars du Caire, de Damas, d’Alep et de Bagdad; trafiquant avec des marchands arabes venus en

I Son nom même l’indiquait; il s’appelait et signait Jaime Ferrer de Blancs, Usuellement on le qualifiait de mossen ou messire.

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